LE PORTRAIT D'UNE ENFANT
On devine à ses yeux pleins d'une pure flamme , Qu'au paradis , d'où vient son âme , Elle a dit un récent adieu.
Son regard , rayonnant d'une joie éphémère , Semble en suivre encor la chimère , Et revoir dans sa douce mère L'humble mère de l'Enfant-Dieu!
On dirait qu'elle écoute un chœur de voix célestes, Que, de loiiî, des vierges modestes Elle entend l'appel gracieux ;
A son joyeux regard , à son naïf sourire , On serait tenté de lui dire :
« Jeune ange , quel fut ton martyre , Et quel est ton nom dans les cieux? »
toi dont le pinceau me la fit si touchante, Tu me la peins , je te la chante !
Car tes nobles travaux vivront ;
Une force virile à ta grâce est unie ;
Tes couleurs sont une harmonie; Et dans ton enfance un génie Mit une flamme sur ton front!
Sans doute quelque fée , à ton berceau venue , Des sept couleurs que dans la nuè Suspend le prisme aérien ,
Des roses de l'aurore humide et matinale ,