LIVRE V, ODE XXITI
Mais ce n'est que l'écho d'une voix de mon cœur Qui déjà me nommait ton frère.
Dors , cette nuit encor, d'un sommeil pur et doux 1 Demain, serments, transports, caresses d'un époux,
Festins que la joie environne , Et soupirs inquiets dans ton sein renaissant , Quand une main fera de ton front rougissant
Tomber la tremblante couronne !
Ah ! puisse dès demain se lever sur tes jours * Un bonheur qui jamais ne s'éclipse , et toujours
Brille , plus beau qu'un rêve même 1 Vers le ciel étoile laisse monter nos vœux.
Dors en paix cette nuit où nous veillons tous deux,
Moi qui te chante, et lui qui t'aime !
Décembre 4827.
ODE ^'VINGT-QUATRIÈME
L'aubépine et Téglan tin,
Et le thym, L'œillet, le lys et les roses, En cette belle saison,"
A foison, Montrent leurs robes écloses.
Le gentil rossignolet,
Doucelet, Découpe, dessous l'ombrage, Mille frétions babillards,
Frélillards, Aux doux sons de son ramage.
* Rimi Bbllbav.
Que la soirée est fraîche et douce !
viens ! il a plu ce matin ; Les humides tapis de mousse Verdissent tes pieds de satin.
L'oiseau vole sous les feuillées, Secouant ses ailes mouillées ; Pauvre oiseau que le ciel bénit!
Il écoute le vent bruire, Chante, et voit des gouttes d'eau luire, Comme des perles, dans son nid.
La pluie a versé ses ondées ;
Le ciel reprend son bleu changeant,