LIVRE Y, ODE XXV
C'est que j'aime ces âges Plus beaux, sinon meilleurs, Que nos siècles plus sages ; A leurs débris sauvages Je m'attache, et d'ailleurs
L'hirondelle enlevée Par son vol sur la tour, Parfois, des vents sauvée, Choisit pour sa couvée Un vieux nid de vautour.
Sa famille humble et douce,
Souvent, en se jouant,
Du bec remue et pousse,
Tout brisé sur la mousse, ^J
L'oeuf de l'oiseau géant.
Dans les armes antiques Mes vers ainsi joueront, Et remuant des piques, Riront, nains fantastiques, De grands casques au front!
Ainsi noués en gerbe, Reverdiront mes jours Dans le donjon superbe, Comme une touffe d'herbe Dans les brèches des tours.
Mais, donjon ou chaumière, Du monde délié.
Je vivrai de lumière, D'extase et de prière, Oubliant, oublié 1
Juin 1828.