‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 19 sur 216 · LOUIS XVII · texte numérisé non relu

LOUIS XVII

D'un châtiment sans fin languissante victime, De ma tige arraché comme un tendre arbrisseau, J'étais proscrit bien jeune , et j'ignorais quel crime J'avais commis dans mon berceau*

« Et pourtant» écoutez : bien loin dans ma mémoire , J'ai d'heureux souvenirs ayant ces temps d'effroi; J'entendais en dormant des bruits confus de gloire. Et des peuples joyeux veillaient autour de moi. Un jour tout disparut dans un sombre mystère; Je vis fuir l'avenir à mes destins promis > Je n'étais qu'un enfant, faible et seul sur la terre , Hélas! et j'eus des ennemis 1

« Us m'ont jeté vivant sous des murs funéraires ; Mes yeux voués aux pleurs n'ont plus vu le soleil ; Mais vous que je retrouve , anges du ciel , mes frères , Vous m'avez visité souvent dans mon sommeil. Mes jours se sont flétris dans leurs mains meurtrières , Seigneur, mais les méchants sont toujours malheureux ; Oh ! ne soyez pas sourd comme eux à mes prières, Car je viens vous prier pour eux. »

Et les anges chantaient : « L'arche à toi se dévoile, Suis-nous : sur ton beau front nous mettrons une étoile. Prends les ailes d'azur des chérubins vermeils. Tu viendras avec nous bercer l'enfant qui pleure,

Ou , dans leur brûlante demeure , D'un souffle lumineux rajeunir les soleils l »

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