LIVRE I, ODE V
Soudain le chœur cessa , les élus écoutèrent : Il baissa son regard par les larmes terni ; Au fond des cieux muets les mondes s'arrêtèrent, Et Féternelle voix parla dans l'infini.
« O Roi ! je t'ai gardé loin des grandeurs humaines. Tu t'es réfugié du trône dans les chaînes.
Va, mon fils, bénis tes revers.
Tu n'as point su des rois l'esclavage suprême , Ton front du moins n'est pas meurtri du diadème ,
Si tes bras sont meurtris de fers.
« Enfant, tu t'es courbé sous le poids de la vie. Et la terre, pourtant, d'espérance et d'envie
Avait entouré ton berceau !
Viens, ton Seigneur lui-même eut ses douleurs divines, Et mon fils, comme toi, Roi couronné d'épines,
Porta le sceptre de roseau ! »
Décembre 4822.
ODE SIXIEME