LIVRE I, ODE VIII
Honneur à ta première aurore, O jeune lis qui viens d'éclore , Tendre fleur qui sors d'un tombeau!
C'est Dieu qui Fa donné , le Dieu de la prière : La cloche, balancée aux tours du sanctuaire, Comme aux jours du repos , y rappelle nos pas. C'est Dieu qui l'a donné; le Dieu de la victoire! —
Chez les vieux martyrs de la gloire Les canons ont tonné , comme au jour des combats.
Ce brait si cher à ton oreille , Joint aux voix des temples bénis, N'a-t-il donc rien qui te réveille , O toi , qui dors à Saint-Denis ?
Lève-toi ! Henri doit te plaire Au sein du berceau populaire ; Accours ! ô père triomphant !
Enivre sa lèvre trompée, Et viens voir si ta grande épée Pèse aux mains du royal enfant.
Hélas! il est absent, il est au sein des justes. Sans doute, en ce moment, de ses aïeux augustes Le cortège vers lui s'avance consolé :
Car il rendit, mourant sous des coups parricides,
Un héros à leurs tombes vides , Une race de rois à leur trône isolé.
Parmi tous ces nobles fantômes ,
Qu'il élève un front couronné ,
Qu'il soit fier dans les saints royaumes ,