‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 34 sur 216 · LIVRE J, ODE IX · texte numérisé non relu

LIVRE J, ODE IX

Peuples, l'eau du salut est présente à nos fêtes;

Le ciel sur cet Enfant a placé sa faveur ;

Qu'il reçoive les eaux que reçut Dieu lui-même ;

Et qu ; à Tonde de son baptême , Le monde rassuré reconnaisse un^Sauveur!

A vous , comme à Clovis , prince , Dieu se révèle. Soyez du temple saint la colonne nouvelle.

Votre âme en vain du lis efface la blancheur; Quittez l'orgueil du rang , Forgueil de l'innocence ;

Dieu vous offre , dans sa puissance , La piscine du pauvre et la croix du pécheur.

L'Enfant, quand du Seigneur sur lui brille l'aurore, Ignore le martyre et sourit à la croix; Mais un autre baptême , hélas ! attend encore

Le front infortuné des rois. — Des jours viendront, jeune homme, où ton âme troublée,

Du fardeau d'un peuple accablée, - Frémira d'un effroi pieux , Quand l'évêque sur toi répandra l'huite austère , Formidable présent qu'aux ^maîtres de la terre

La colombe apporta des deux.

Alors ! ô Roi chrétien , au Seigneur sois semblable ; Sache être grand par toi, comme il est grand par lui; Car le sceptre devient un fardeau redoutable

Dès qu'on veut s'en faire un appui.

Un vrai'Roi sur sa tête unit toutes les gloires •,

Et si, dans ses justes victoires,

Par la mort il est arrêté , Il voit , comme Bayard , une croix dans son glaive , Et ne fait, quand le ciel à la terre l'enlève,

Que changer d'immortalité !

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