‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 39 sur 216 · LIVRE I, ODE X · texte numérisé non relu

LIVRE I, ODE X

LE SIECLE

« Seigneur, votre bras s'est levé; Seigneur, le maudit vous implore!

la voix.

« Non : tais- toi, siècle réprouvé!

le Siècle.

c Eh bien donc! l'âge qui va naître Absoudra mes forfaits peut-être Par des forfaits' plus odieux 1 »

Ici gémit l'humble Espérance , Et le bel ange de la France De son aile voila ses yeux.

la voix.

« Va , ma main t'ouvre les abîmes ; Un siècle nouveau prend l'essor ; Mais , loin de t' absoudre , ses crimes , Maudit! t'accuseront encor. »

Et comme l'ouragan qui gronde Chasse à grand bruit jusque sur l'onde Le flocon vers les mers jeté, Longtemps la voix inexorable Poursuivit le siècle coupable , Qui tombait dans l'éternité.

ODE ONZIÈME

De Deo.

Quand la terre engloutit les cités qui la couvrent;

Que le vent semé au loin un poison voyageur ;

Quand l'ouragan mugit ; quand des monts brûlants s'ouvrent;

C'est le réveil du Dieu vengeur.

Et si , lassant enfin les clémences célestes,

Le monde à ces signes funestes

"Ose répondre en les bravant, Un homme alors , choisi par la main qui foudroie , Des aveugles fléaux ressaisissant la proie,

Paraît, comme un fléau vivant!

Parfois , élus maudits de la fureur suprême , Entre les nations des hommes sont passés , Triomphateurs longtemps armés de l'anathème , —

Par l'anathème renverses!

De l'esprit de Nemrod héritiers formidables ,

Ils ont sur les peuples coupables

Régné par la flamme et le ferl Et dans leur gloire impie , en désastres féconde ,

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