‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 67 sur 216 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

Le temps qui dérobe à la jeunesse ses année»

m'en a déjà ravi vingt- trois sur son aile. Mes jours s'écoulent à longs flots.... Mais quelle que soit mon intelligence, étendue ou bornée, précoce ou tardive, elle sera toujours mesurée au but vers lequel m'entraîne le temps, me guide le ciel; car j'userai sans cesse de moimême sous l'œil de celui qui me donne ma tâche, de mon divin Créateur.

Mllton, Sonnet,

ODE PREMIERE

Or, tachant ces choses, nous venons enseigner aux hommes la crainte dé Dieu.

n cor., v.

Pourtant je m'étais dit : « Abritons mon navire. Ne livrons plus ma voile au vent qui la déchire. Cachons ce luth. Mes chants peut-être auraient vécuL.. Soyons comme un soldat qui revient sans murmure Suspendre à son chevet un vain reste d'armure , Et s'endort ,. vainqueur ou vaincu. I »

Je ne demandais plus à la muse que j'aime ,

Qu'un seul chant pour ma mort, solennel et suprême!

Le Poëte avec joie au tombeau doit s'offrir ;

S'il ne souriait pas au moment où l'on pleure ,

Chacun lui dirait : « Voici l'heure!

Pourquoi ne pas chanter, puisque tu vas mourir? »

C'est que la mort n'est pas ce que la foule en pense ! C'est l'instant où notre âme obtient sa récompense , Où le fils exilé rentre au sein paternel.

Quand nous penchons près d'elle une oreille inquiète , La voix du trépassé , que nous croyons muette , A commencé l'hvmne éternel !

Plus tôt que je n'ai dû, je reviens dans la lice; Mais tu le veux, ami ! Ta muse est ma complice; Ton bras m'a réveillé; c'est toi qui m'as dit : « Vai Dans la mêlée encor jetons ensemble un gage.

De plus en plus elle s'engage.

Marchons, et confessons le nom de Jéhova! »

J'unis donc à tes chants quelques chants téméraires. Prends ton luth immortel : nous combattrons en frères Pour les mêmes autels et les mêmes foyers.

Montés au même char, comme un couple homérique. Nous tiendrons, pour lutter dans l'arène lyrique, Toi la lance, moi les coursiers.

Puis y pour faire une part à la faiblesse humaine,

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