‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 66 sur 216 · LIVRE II, ODE X · texte numérisé non relu

LIVRE II, ODE X

Comme sur le pavé des villes L'ongle résonnant du coursier.

En vain j'ai fait gronder la vengeance éternelle ; En vain j'ai, pour fléchir leur âme criminelle, Fait parler le pardon par la voix des douleurs. Du haut des cieux tonnants, mon austère pensée, Sur cette terre ingrate où germe les malheurs , Tombant, pluie orageuse ou propice rosée, N'a point flétri l'ivraie et fécondé les fleurs.

Du tombeau tout franchit la porte.

L'homme , hélas ! que le temps emporte , En vain contre lui se débat.

Rien de Dieu ne trompe l'attente; Et la vie est comme une tente Où l'on dort avant le combat.

Voilà , tristes mortels , ce que leur âme oublie ! L'urne des ans pour tous n'est pas toujours remplie. Mais qu'ils passent en paix sous le ciel outragé ! Qu'ils jouissent des jours dans leurs frêles demeures ! Quand dans l'éternité leur sort sera plongé, Les insensés en vain s'attacheront aux heures , Comme aux débris épars d'un vaisseau submergé.

Adieu donc ce luth qui soupire !

Muse, ici tu n'as plus d'empire, Muse, aux concerts immortels!

Fuis la foule qui te contemple; Referme les voiles du temple ; Rends leur ombre aux chastes autels.

Je vous rapporte, ô Dieu, le rameau d'espérance. — Voici le divin glaive et la céleste lance :

J'ai mal atteint le but où j'étais envoyé.

Souvent, des vents jaloux jouet involontaire, * L'aiglon suspend son vol , à peine déployé ; Souvent, d-un trait de feu cherchant en vain la terre, L'éclair remonte au ciel , sans avoir foudroyé i

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