LIVRE ni, ODE VI
Projetant son ombre lointaine, Immobile , croiser ses bras ; Et dit que , pour dernière fête , ' Il vient régner dans la tempête , Comme il régnait dans les combats !
S'il perdit un empire, il aura deux patries, De son seul souvenir illustres et flétries , L'une aux mers d'Ânnibal, l'autre aux mers de Vasco; Et jamais de ce siècle attestant la merveille , On ne prononcera son nom , sans qu'il éveille Aux bouts du monde un double écho 1
Telles, quand une bombe ardente, meurtrière, Décrit dans un ciel noir sa courbe incendiaire , Se balance au-dessus des murs épouvantes , Puis, comme un vautour chauve, à la serre cruelle, Qui frappe en s'abattant la terre de son aile , Tombe , et fouille à grand bruit le pavé des cités j
Longtemps après sa chute, on voit fumer encore La bouche du mortier, large , noire et sonore , D'où monta pour tomber le globe au vol pesant, Et la place où la bombe, éclatée en mitrailles, Mourut, en vomissant la mort de ses entrailles, Et s'éteignit en embrasant !
Juillet 1825.
ODE SEPTIEME