UVRE IH, ODE VIL
Les partis pour un temps voileront leur tableau. Contre une injure ici, tout s'unit, tout se lève, Tout s'arme, et la Vendée aiguisera son glaive Sur la pierre de Waterlo.
Vous dérobez des noms ! — Quoi donc? Faut-il qu'on aille Lever sur tous vos champs des titres de bataille? Faut-il, quittant ces noms par la valeur trouvés, Pour nos gloires, chez vous, chercher d'autres baptêmes ?
Sur l'airain de vos canons mêmes
Ne sont-Os point assez gravés ?
L'étranger briserait le blason de la France!
On verrait , enhardi par notre indifférence , Sur nos fiers écussons tomber son vil marteau 1 Ah 1... comme ce Romain qui remuait la terre ,. Vous portez , ô Français ! et la paix et la guerre Dans le pli de votre manteau.
Votre aile en un moment touche , à sa fantaisie , L'Afrique par Cadix et par Moscou l'Asie.
Vous chassez en courant Anglais, Russes, Germains; Les tours croulent devant vos trompettes fatales;
Et de toutes les capitales
Vos drapeaux savent, les chemins.
Quand leur destin se pèse avec vos destinées, Toutes les nations s'inclinent détrônées.
La gloire pour vos noms n'a point assez de bruit. Sans cesse autour de vous les États se déplacent. Quand votre astre parait , tous les autres s'effacent : Quand vous marchez , l'univers suit !
Que l'Autriche en rampant de nœuds vous environne , Les deux géants de France ont foulé sa couronne ! L'histoire , qui des temps ouvre le Panthéon , Montre empreints aux deux fronts du vautour d'Allemagne
La sandale de Charlemagne ,
L'éperon de Napoléon.
Allez I — Vous n'avez plus l'Aigle qui de son aire Sur tous les fronts trop hauts portait votre tonnerre; Mais il vous reste encor l'oriflamme et les lis. Mais c'est le Coq gaulois qui réveille le monde ; Et son cri peut promettre à. votre nuit profonde L'aube du soleil d'Austerlitz !
C'est moi qui me tairais ! Moi qu'enivrait naguère Mon nom saxon , mêlé parmi des cris de guerre ! . Moi, qui suivais le vol d'un drapeau triomphant! Qui, joignant aux clairons ma voix entrecoupée, Eus pour premier hochet le nœud d'or d'une épée ! Moi, qui fus un soldat quand j'étais un enfant!
Non , Frères ! non , Français de cet âge d'attente ! Nous avons tous grandi sur le seuil de la tente. Condamnés à la paix , aiglons bannis des deux , Sachons du moins, veillant aux gloires paternelles, Garder de tout affront, jalouses sentinelles, Les armures de nos aïeux f
Février i 827.