‹ Odes et ballades (volume 3)Chapitre 105 sur 142 · LE PORTRAIT D'USE ENFANT · texte numérisé non relu

LE PORTRAIT D'USE ENFANT

De ses doux traits, ravis à la sainte phalange, C'est bien le délicat mélange ; Poète, j'y crois voir un ange, Père, j'y trouve mon enfant.

On devine, à ses yeux pleins d'une pure flamme, Qu'au paradis, d'où vient son âme, Elle a dit un récent adieu .

Son regard, rayonnant d'une joie éphémère , Semble en suivre encor la chimère, Et revoir dans sa douce mère L'humble mère de l'Enfant-Dieu !

Om dirait qu'elle écoute un chœur de voix célestes , Que de loin des vierges modestes Elle entend l'appel gracieux ;

A son joyeux regard, à son naïf sourire, On serait tenté de lui dire :

« Jeune ange , quel fut ton martyre , Et quel est ton nom dans les cieux? »

O toi dont le pinceau me la fit si touchante ,

Tu me la peins , je te la chante !

Car tes nobles travaux vivront ; Une force virile à ta grâce est unie ;

Tes couleurs sont une harmonie;

Et, dans ton enfance, un génie

Mit une flamme sur ton front !

Sans doute quelque fée, à ton berceau venue,

Des sept couleurs que dans la nue

Suspend le prisme aérien , Des roses de l'aurore humide et matinale ,

Des feux de l'aube boréale ,

Fit une palette idéale

Pour ton pinceau magicien !

Novembre 1825.

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