‹ Odes et ballades (volume 3)Chapitre 109 sur 142 · LE SYLPHE · texte numérisé non relu

LE SYLPHE

Le vent, le froid et l'orage Contre l'enfant faisaient rage.

— Ouvrez, dit- il, je suis nu !

La Fontaine. Imitation d'Anacréon.

« Toi qu'en ces murs , pareille aux réveuâes Sylphides , » Ce vitrage éclairé montre à mes yeux avides , » Jeune fille, ouvre-moi! Voici la nuit, j'ai peur,. » La nuit, qui, peuplant l'air de figures livides, » Donne aux âmes des morts des robes de vapeur!

» Vierge , je ne suis point de ces pèlerins sages » Qui font de longs récits après de longs voyages ; >» Ni de ces paladins, qu'aime et craint la beauté, » Dont le cor, éveillant les varlets et les pages , » Porte un appel de guerre à l'hospitalité.

» Je n'ai ni lourd bâton , ni lance redoutée ,

» Point de longs cheveux noirs , point de barbe argentée ,

» Ni d'humble chapelet , ni de glaive vainqueur.

» Mon souffle, dont une herbe est à peine agitée,

» N'arrache au cor des preux qu'un murmure moqueur.

» Je suis l'enfant de l'air, un sylphe , moins qu'un rêve , » Fils du printemps qui naît , du matin qui se lève , » L'hôte du clair foyer, durant les nuits d'hiver, » L'esprit que la lumière à la rosée enlève , » Diaphane habitant de l'invisible éther.

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