‹ Odes et ballades (volume 3)Chapitre 113 sur 142 · DU TIMBALIER · texte numérisé non relu

DU TIMBALIER

Douce est la mort qui vient en bien aimant !

Des portes. Sonnet.

« Monseigneur le duc de Bretagne » A, pour les combats meurtriers, » Convoqué de Nante à Mortagne , » Dans la plaine et sur la montagne , » L'arrière-ban de ses guerriers.

» Ce sont des barons dont les armes » Ornent des forts ceints d'un fossé ; » Des preux vieillis dans les alarmes, » Des écuyers , des hommes d'armes ; » L'un d'entre eux est mon fiancé.

» Il est parti pour l'Aquitaine » Comme timbalier, et pourtant » On le prend pour un capitaine , » Rien qu'à voir sa mine hautaine » Et son pourpoint, d'or éclatant !

» Depuis ce jour l'effroi m'agite.

» J'ai dit, joignant son sort au mien :

» Ma patronne , sainte Brigitte , » Pour que jamais il ne le quitte , » Surveillez son ange gardien !

» J'ai dit à notre abbé : Messire , » Priez bien pour tous nos soldats !

» Et, comme on sait qu'il le désire, » J'ai brûlé trois cierges de cire » Sur la châsse de saint Gildas.

» A Notre-Dame de Lorette

» J'ai promis, dans mon noir chagrin,

» D'attacher sur ma gorgerette,

» Fermée à la vue indiscrète ,

» Les coquilles du pèlerin.

» Il n'a pu , par d'amoureux gages , » Absent, consoler mes foyers; » Pour porter les tendres messages, » La vassale n'a point de pages, »> Le vassal n'a pas d'écuyers.

» Il doit aujourd'hui de la guerre » Revenir avec monseigneur; » Ce n'est plus un amant vulgaire ; » Je lève un front baissé naguère , » Et mon orgueil est du bonheur !

» Le duc triomphant nous rapporte » Son drapeau dans les camps froissé ; » Venez tous sous la vieille porte » Voir passer la brillante escorte, » Et le prince, et mon fiancé !

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