LA MÊLÉE
» Avançons! avançons! courage!
» Le fantassin mord avec rage
» Le poitrail de fer du coursier ;
» Les chevaux blanchissants frissonnent ;
» Et les masses d'armes résonnent!
» Sur leurs caparaçons d'acier ! »
Noir chaos de coursiers , d'hommes , d'armes heurtées !
Les Gallois , tout couverts de peaux ensanglantées ,
Se roulent sur le dard des écus meurtriers;
A mourir sur leurs morts obstinés et fidèles ,
Ils semblent assiéger comme des citadelles
Les cavaliers normands sur leurs grands destriers.
« Qne ceux qui brisent leur épée » Luttent des ongles et des dents , » S'ils veulent fuir la faim trompée » Des loups autour de nous rôdants !
» Point de prisonniers! point d'esclaves!
» S'il faut mourir, mourons en braves » Sur nos compagnons immolés.
» Que demain le jour, s'il se lève, » Voie encor des tronçons de glaive » Étreints par nos bras mutilés !... »
Viens, berger : la nuit tombe, et plus de sang ruisselle; De coups plus furieux chaque armure étincelle ; Les chevaux éperdus se dérobent au mors.
Viens, laissons achever cette lutte brûlante. Ces hommes acharnés à leur tâche sanglante Se reposeront tous demain, vainqueurs ou morts!
Septembre 1825.