‹ Odes et ballades (volume 3)Chapitre 116 sur 142 · LA MÊLÉE · texte numérisé non relu

LA MÊLÉE

» Avançons! avançons! courage!

» Le fantassin mord avec rage

» Le poitrail de fer du coursier ;

» Les chevaux blanchissants frissonnent ;

» Et les masses d'armes résonnent!

» Sur leurs caparaçons d'acier ! »

Noir chaos de coursiers , d'hommes , d'armes heurtées !

Les Gallois , tout couverts de peaux ensanglantées ,

Se roulent sur le dard des écus meurtriers;

A mourir sur leurs morts obstinés et fidèles ,

Ils semblent assiéger comme des citadelles

Les cavaliers normands sur leurs grands destriers.

« Qne ceux qui brisent leur épée » Luttent des ongles et des dents , » S'ils veulent fuir la faim trompée » Des loups autour de nous rôdants !

» Point de prisonniers! point d'esclaves!

» S'il faut mourir, mourons en braves » Sur nos compagnons immolés.

» Que demain le jour, s'il se lève, » Voie encor des tronçons de glaive » Étreints par nos bras mutilés !... »

Viens, berger : la nuit tombe, et plus de sang ruisselle; De coups plus furieux chaque armure étincelle ; Les chevaux éperdus se dérobent au mors.

Viens, laissons achever cette lutte brûlante. Ces hommes acharnés à leur tâche sanglante Se reposeront tous demain, vainqueurs ou morts!

Septembre 1825.

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