‹ Odes et ballades (volume 3)Chapitre 125 sur 142 · LA PÉRI · texte numérisé non relu

LA PÉRI

Où vas-tu donc , jeune âme?... Écoute !

Mon palais pour toi veut s'ouvrir.

Suis-moi, des cieux quitte la route.

Hélas ! tu t'y perdrais sans doute, Nouvôau-né , qui viens de mourir !

Tu pourras jouer à toute heure

Dans mes beaux jardins aux fruits d'or;

Et de ma riante demeure

Tu verras ta mère qui pleure

Près de ton berceau , tiède encor.

Des Péris je suis la plus belle :

Mes sœurs régnent où naît le jour ; Je brille en leur troupe immortelle , Comme, entre les fleurs, brille celle Que l'on cueille en rêvant d'amour.

Mon front porte un turban de soie; Mes bras de rubis sont couverts ; Quand mon vol ardent se déploie , L'aile de pourpre qui tournoie Roule trois yeux de flamme ouverts.

Plus blanc qu'une lointaine voile , Mon corps n'en a point la pâleur, En quelque lieu qu'il se dévoile , 11 l'éclairé comme une étoile, 11 l'embaume comme une fleur !

m LA FÉE ET LA PÉRI.

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