‹ Odes et ballades (volume 3)Chapitre 15 sur 142 · NAISSANCE DU DUC DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

NAISSANCE DU DUC DE BORDEAUX

C'est Dieu qui Ta donné , le Dieu de la prière : La cloche, balancée aux tours du sanctuaire, Comme aux jours du repos, y rappelle nos pas." C'est Dieu qui l'a donné ; le Dieu de la victoire ! — Il

Chez les vieux martyrs de la gloire 4

Les canons ont tonné, comme au jour des combats. ||

Ce bruit si cher à ton oreille , I

Joint aux voix des temples bénis , I

?Ta-t-il donc rien qui te réveille, |

toi qui dors à Saint-Denis ? j

Lève-toi! Henri doit te plaire |

Au sein du berceau populaire ;

Accours, ô père triomphant !

Enivre sa lèvre trompée,

Et viens voir si ta grande épée

!ȏse aux mains du royal enfant.

Hélas I il est absent , il est au sein des justes. Sans doute, en ce moment, de ses aïeux augustes Le cortège vers lui s'avance consolé :

Car il rendit, mourant sous des coups parricides,

Un héros à leurs tombes avides , V'ne race de rois à leur trône isolé.

Parmi tous ces nobles fantômes,

Qu'il élève un front couronné ,

Qu'il soit fier dans les saints royaumes ,

Le père du roi nouveau-né !

Une race longue et sublime

Sort de l'immortelle victime :

Tel un fleuve mystérieux ,

Fils d'un mont frappé du tonnerre ,

De son cours fécondant la terre ,

Cache sa source dans les deux !

Honneur au rejeton qui deviendra la tige !

Henri, nouveau Joas, sauvé par un prodige, A l'ombre de l'autel croîtra vainqueur du so;t.

ODE HriTlKMK. 3.1

l'n jour, de ses >ertus notre France embellie,

A ses sœurs, comme Cornélie, l>ira : Voilà mon fils, c'est mon plus beau trésor.

O toi , de ma pitié profonde Reçois l'hommage solennel , Humble objet des regards du monde , Privé du regard paternel ! Puisses-tu , né dans la souffrance , Et de ta mère et de la France Consoler la longue douleur !

Que le bras dm'n t'environne , Et puisse , ô Bourbon , la couronne Pour toi ne pas être un malheur!

Oui, souris, Orphelin, aux larmes de ta mère! Écarte , en te jouant , ce crêpe funéraire Qui voile ton berceau des douleurs du cercueil; Chasse le noir passé qui nous attriste encore ;

Sois à nos yeux comme une aurore !

Rends le jour et la joie à notre ciel en deuil".

Tvre d'espoir , ton Roi lui-même , Consacrant le jour où tu nais, T'impose, avant le saint baptême , Le baptême du Béarnais.

La Veuve t'offre à l'Orpheline!

Vers toi, conduit par l'Héroïne, Vient ton Aïeul en cheveux blancs; Et la foule, bruyante et tière, Se presse à ce Louvre, où naguère, Muette, elle entrait à pas lents.

Guerriers, peuple, chantez : Bordeaux, lève ta tête, Cité qui , la première , aux jours de la conquête , Rendue aux fleurs dé lis, as proclamé ta foi.

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