‹ Odes et ballades (volume 3)Chapitre 2 sur 142 · MV · texte numérisé non relu

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pierre sous laquelle on devine encore, il est vrai, leur forme primitive; mais le parfum, la saveur, la vie ont disparu. Les pédantesques enseignements, les préjugés scolastiques, la contagion de la routine, la manie d'imitation produisent le même effet. Si vous y ensevelissez vos facultés natives, votre imagination, votre pensée, elles n'en sortiront pas. Ce que vous en retirerez conservera bien peut-être quelque apparence d'esprit, de talent, de génie; mais ce sera pétrifié.

À entendre des écrivains qui se proclament classiques, celui-là s'écarte de la route du vrai et du beau qui ne suit pas servilement les vestiges que d'autres y ont imprimés avant lui. Erreurs! ces écrivains confondent la route avec l'art; ils prennent l'ornière pour le chemin.

Le poète ne doit avoir qu'un modèle, la nature; qu'un guide, la vérité. Il ne doit pas écrire avec ce qui a été écrit , mais avec son âme et avec son cœur. De tous les livres qui circulent entre les mains des hommes, deux seuls doivent être étudiés par lui , Homère et la Bible. C'est que ces deux livres vénérables, les premiers de tous par leur date et par leur valeur, presque aussi anciens que le monde , sont eux-mêmes deux mondes pour la pensée. On y retrouve, en quelque sorte, la création tout entière considérée sous son double aspect, dans Homère par le génie de l'homme ; dans la Bible, par l'esprit de Dieu.

Octobre 1826.

ODES

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