LE CHANT DE L'ARÈNE
Généreux Grecs,
Voilà les prix que remporteront les vainqueurs.
Homère.
L'athlète vainqueur dans l'arène
Est en honneur dans la cité ;
Son nom , sans que le temps l'entraîne,
Par les peuples est répété,
Depuis cette plage inféconde
Où dort sur la borne du monde
L'hiver, vieillard au dur sommeil ,
Jusqu'aux lieux où, quand natt l'aurore,
On entend sous Tonde sonore
Hennir les coursiers du Soleil.
Voici la fête d'Olympie !
Tressez l'acanthe et le laurier!
Que les dieux confondent l'impie !
Que l'antique audace assoupie Se réveille au cœur du guerrier!
Venez, vous que la gloire enchaîne.
Voyez les prêtres d'Apollon , Pour votre victoire prochaine , Ravir des couronnes au chêne Qui jadis a vaincu Milon.
Venez de Corinthe et de Crète , De Tyr aox tissus précieux , De Scylla , que bat la tempête , Et d'Athos , où l'aigle s'arrête Pour voir de plus haut dans les cieux !
Venez de l'Ile des Colombes, Venez des mers de l'Archipel, De Rhode, aux riches hécatombes, Dont les guerriers jusqu'en leurs tombes De Bellone entendent l'appel !
Venez du palais centenaire Dont Cécrops a fondé la tour ; ' D'Argo3 , de Sparte qu'on vénère ; De Lcmnos où naît le tonnerre , D'Amathonte où naquit l'amour!
Les temples saints, les gynécées, Chargés de verdoyants festons , Tels que de jeunes fiancées , Sous des guirlandes enlacées , Ont caché leurs chastes frontons.
Les Archontes et les Éphores Dans le stade se sont assis ; Les vierges et les canéphores Ont purifié les amphores Suivant les rites d'Eleusis.
On a consulté la pythie Et ceux qui parlent en rêvant.
A l'heure où s'éveille Clytie , D'un vautour fauve de Scythie On a jeté la plume au vent.
Le vainqueur de la course agile Recevra deux trépieds divins,