Î LE CHANT DE L'ARÈNE
Et la coupe agreste et fragile , Dont Ba celui s a touché l'argile , Lorsqu'il goûta les premiers vins.
Celui dont le disque mobile Renversera les trois faisceaux, Aura cette urne indélébile Que sculpta d'une main habile Phlégon , du pays de Naxos.
Juges de la gloire innocente , Nous offrons au lutteur ardent Une chlamyde éblouissante De Sidon, qui, riche et puissante, Joint le caducée au trident.
Lutteurs, discoboles , athlètes ,
Réparez vos forces au bain ;
Puis venez vaincre dans nos fêtes ,
Afin d'obtenir des poètes
Un chant sur le mode thébain î
L'athlète vainqueur dans l'arène
Est en honneur dans la cité;
Son nom, sans que le temps l'entraîne,
Par les peuples est répété ,
Depuis cette plage inféconde
Où dort sur la borne du monde
L'Hiver, vieillard au dur sommeil ,
Jusqu'aux lieux où, quand naît l'aurore,
On entend sous l'onde sonore
Hennir les coursiers du Soleil.
Janvier 192t.
ODE ONZIEME. lai