A L'OMBRE D'UN ENFANT
Image éclatante et confuse Des anges à l'homme inconnus.
Ses rayons cherchent le mystère :
Son aile, chaste et solitaire, Jamais ne permet à la terre D'effleurer ses pieds blancs et nus.
Là je cache un hymen prospère; Et, sur mon seuil hospitalier, Parfois tu t'assieds, ô mon père! Comme un antique chevalier ; Ma famille est ton humble empire j Et mon fils, avec un sourire»
Dort aux sons de ma jeune lyre , Bercé dans ton vieux bouclier.
Aoû: 1823.
A L'OMBRE BTN ENFANT:
Qui es in coelis T
Oh! parmi les soleils, les sphères, les étoiles, Les portiques d'azur, les palais de saphir, Parmi les saints rayons, parmi les sacrés voiles Qu'agite un éternel zéphyr ;
Dans le torrent d'amour où toute âme se noie , Où s'abreuve de feux le séraphin brûlant; Dans l'orbe flamboyante qui sans cesse tournoie Autour du trône étincelant;
Parmi les jeux sans fin des âmes enfantines $ Quand leurs soins, d'un vieil astre, égaré dans les cieux, Avec de longs efforts et des voix argentines » Guident les chancelants essieux ;
Ou lorsqu'entre ses bras Quelque vierge ravie Les prend , d'un saint baiser leur imprime le sceau , Et rit , leur demandant si l'aspect de la vie Les effrayait dans leur berceau ;
Ou qu'enfin , dans son arche éclatante et profonde , Rangeant de cieux en cieux son cortège ébloui , Jésus, pour accomplir ce qui fut dit au monde, Les place le plus près de lui ;
Oh! dans ce monde auguste où rien n'est éphémère , Dans ces flots de bonheur que ne trouble aucun fiel, Enfant ! loin du sourire et des pleurs de ta mère , N'es-tu pas orphelin au ciel?
Octobre 1823.