‹ Odes et balladesChapitre 131 sur 152 · MALÉDICTION · texte numérisé non relu

MALÉDICTION

Ed altre disse ; ma non l'ho a mente.

Dante.

Et d'autres chces encore ; m.ais je ne les ai plus dans l'esprit.

Qu'il erre sans repos, courbé dès sa jeunesse, En des sables sans borne où le soleil renaisse

Sitôt qu'il aura lui !

Comme un noir meurtrier qui fuit dans la nuit sombre, S'il marche, que sans cesse il entende dans l'ombre

Un pas derrière lui !

En des glaciers polis comme un tranchant de hache, Qu'il glisse, et roule, et tombe, et tombe, et se rattache

De l'ongle à leurs parois !

Qu'il soit pris pour un autre, et, râlant sur la roue. Dise : Je n'ai rien fait ! et qu'alors on le cloue

Sur un gibet en croLx !

Qu'il pende échevelé, la bouche violette !

Que, visible à lui seul, la mort, chauve squelette,

Rie en le regardant !

Que son cadavre souffre, et vive assez encore Pour sentir, quand la mort le ronge et le dévore,

Chaque coup de sa dent !

Qu'il ne soit plus vivant, et ne soit pas une âme ! Que sur ses membres nus tombe un soleil de flamme 16 a

Ou la pluie à ruisseaux !

Qu'il s'éveille en sursaut chaque nuit dans la brume. Et lutte, et se secoue, et vainement écume

Sous des griffes d'oiseaux 1

25 août 1828.

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