‹ Odes et balladesChapitre 135 sur 152 · RÊVERIE · texte numérisé non relu

RÊVERIE

Lo giorno se n' andava, e 1' aer bruno Toglieva gli animai che sono 'n terra, Dalle fatiche loro.

Dante.

Oh ! laissez-moi ! c'est l'heure où rhorizon qui fume Cache un front inégal sous un cercle de brume. L'heure où l'astre géant rougit et disparaît. Le grand bois jaunissant dore seul la colhne. On dirait qu'en ces jours où l'automne décline. Le soleil et la pluie ont rouillé la forêt.

Oh ! qui fera surgir soudain, qui fera naître, Là-bas, — tandis que seul je rêve à la fenêtre Et que l'ombre s'amasse au fond du corridor, — Quelque ville mauresque, éclatante, inouïe, Qui, comme la fusée en gerbe épanouie, Déchire ce brouillard avec ses flèches d'or !

Qu'elle vienne inspirer, ranimer, ô génies,

Mes chansons, comme un ciel d'automne rembnmies.

Et jeter dans mes yeux son magique reflet.

Et longtemps, s'éteignant en rumeurs étouffées.

Avec les mille tours de ses palais de fées,

BiTimeuse, denteler l'horizon violet 1

5 septembre i8.:8.

Page 1