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A MES ODES

Quand, tour à tour, prenant et rendant la balance. Quelques amis, le soir, vous jugeaient en silence.

Poètes, par la lyre émus.

Qui fuyaient la ville sonore.

Et transplantaient les fleurs d'Isaure

Dans les jardins d'Académus.

Comme un ange porté sur ses ailes dorées, Vous veniez, murmurant des paroles sacrées.

Pour abattre et pour relever,

Vous disiez, dans votre délire.

Tout ce que peut chanter la lyre,

Tout ce que l'âme peut rêver.

Disputant un prix noble en une sainte arène, Vous laissiez tout l'Olympe aux fils de l'Hippocrène, Rivaux de votre ardent essor ; Ainsi que l'amant d'Atalante, Pour rendre leur course plus lente, Vous leur jetiez les pommes d'or.

On vous voyait, suivis de sylphes et de fées. Liant d'anciens faisceaux à nos jeunes trophées, Chanter les camps et leurs trA\^aux, Ou pousser des cris prophétiques.

Ou demander aux temps gothiques Leurs vieux contes, toujours nouveaux.

Souvent vos luths pieux consolaient V? ronronnes. Et du haut du trépied vous défendiez les trônes ;

Souvent, appuis de l'innocent.

Comme un tribut expiatoire.

Vous mêliez, povu- fléchir l'histoire.

Une laj'me à des flots de sang.

iio ODES ET BALLADES

C'en est fait maintenant, pareils aux hirondelles. Partez ; qu'un même but vous retrouve fidèles.

Et moi, pourvu qu'en vos combats

De votre foi nul cœur ne doute.

Et qu'une âme en secret écoute

Ce que vous loi direz tout bas ;

Pourvu, quand sur les flots en vingt courants contraires L'ouragan chassera vos voiles téméraires.

Qu'un seul ami, plaignant mon sort,

Vous voyant battus de l'orage.

Pose un fanal sur le rivage,

S'afflige, et vous souhaite un port ;

D'un œil moins désolé je verrai vos naufrages. |

Mais le temps presse, allez I rassemblez vos courages ;

Il faut combattre les méchants.

C'est un sceptre aussi que la lyre !

Dieu, dont nos âmes sont l'empire,

A mis un pouvoir dans les chants.

Le poëte, inspiré lorsque la terre ignore. Ressemble à ces grands monts que la nouvelle aurore Dore avant tous à son réveil, Et qui, longtemps vainqueurs de l'ombre, Gardent jusque dans la nuit sombre Le dernier rayon du soleiL

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