‹ Odes et balladesChapitre 74 sur 152 · A MADAME LA COMTESSE A. H · texte numérisé non relu

A MADAME LA COMTESSE A. H

Sur ma lyre, l'autre fois, Dans un bois,

Ma main préludait à peine.

Une colombe descend En passant,

Blanche sur le luth d'ébène.

Mais, au lieu d'accords touchants, De doux chants,

La colombe gémissante

Me demande par pitié Sa moitié,

Sa moitié loin d'elle absente.

Sainte-Beuve.

Oh ! quel que soit le rêve, ou paisible, ou joyeux. Qui dans l'ombre à cette heure illumine tes yeux.

C'est le bonheur qu'il te signale ; Loin des bras d'un époux qui n'est encor qu'amant. Dors tranquille, ma sœur ! passe-la doucement.

Ta dernière nuit virginale.

Dors ; nous prîrons pour toi, jusqu'à ce beau matin. Tu devais être à nous, et c'était ton destin,

Et rien ne pouvait t'y soustraire.

Oui, la voix de l'autel va te nommer ma sœur ; Mais ce n'est que l'écho d'ime voix de mon cœur

Qui déjà me nommait ton frère.

Dors, cette nuit encor, d'un sommeil pur et doux. Demain, serments, transports, caresses d'un époux.

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