‹ Odes et balladesChapitre 82 sur 152 · A TRILBY · texte numérisé non relu

A TRILBY

Toi-même, crains leur tonnerre.

Crains un combat inégal Plus que la voix centenaire Qui jadis vengea Dougal, Dont la cabane fumeuse Voit, durant la nuit bmmeuse.

Sur une roche écumeuse, S'asseoir l'ombre de Fing:al !

'to'

Celui qui de ta montagne T'a rapporté dans nos champs.

Eut comme toi pour compagne L'Espérance aux vœux touchants.

Longtemps la France, sa mère.

Vit fuir sa j eunesse amère Dans l'exil, où, comme Homère, Il n'emportait que ses chants !

A la fois triste et sublime.

Grave, en son vol gracieux.

Le poëte aime l'abîme Où fuit l'aigle audacieux, Le parfum des fleurs mourantes.

L'or des comètes errantes.

Et les cloches murmurantes Qui se plaignent dans les cieux !

Il aime un désert sauvage Où rien ne borne ses pas ; Son cœur, pour fuir l'esclavage.

Vit plus loin que le trépas.

Quand l'opprimé le réclame.

Des peuples il devient l'âme ; Il est pour eux une flamme Que le tyran n'éteint pas !

Tel est Nodier, le poëte ! — Va, dis à ce noble ami Que ma tendresse inquiète De tes périls a frémi ; Dis-lui bien qu'il te surveille ; De tes jeux charme sa veille, Enfant ! Et lorsqu'il sommeille, Dors sur son front endormi !

N'erre pas à l'aventure !

Car on en veut aux Trilbys.

Crains les maux et la torture Que mon doux Sylphe a subis.

S'ils te prenaient, quelle gloire î Ils souilleraient d'encre noire, Hélas ! ton manteau de moire.

Ton aigrette de rubis !

Ou, pour danser avec Faune, Contraignant tes pas tremblants.

Leurs Satyres au pied jaune.

Leurs vieux Sylvains pétulants Joindraient tes mains enchaînées Aux vieilles mains décharnées De leurs Naïades fanées, Mortes depuis deux mille ans !

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