ODES FVNAMBVLESQ^VES
Madame Keller,
V^uel air divin caressa l'amalgame
De ces lys purs qui nous chantent leur gamme i
Plus patient que les doigts du Sommeil,
Quel blond génie avec son doigt vermeil
De cette neige a su faire une trame?
Ses dents pourraient couper comme une lame Les dents du tigre et de l'hippopotame, Et son col fier à du marbre est pareil. Quel air!
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Ovide seul, dans un épithalame, Eût pu monter son vers que rien n'entame A la hauteur de ce corps de soleil ; Junon, Pallas, Vénus au bal orteil, Même Betti, le cèdent à madame Relier.
Janvier 1846.
ODES FVNAMBVLESCi.VES.
Adieu, Paniers.
L,yre d'argent, gagne-pain trop précaire, Dont les chansons n'ont qu'un maigre salaire, Je vous délaisse et je vous dis adieu. Mieux vaut cent fois jeter nos vers au feu Et fuir bien loin ce métier de galère.
En vain, ma lyre, à tous vous saviez plaire ; Vous déplaisez à ce folliculaire De qui s'enflamme et gronde pour un jeu L'ire.
ODES FVNAMBVtESQ^VES. ÏQJ
Vous n'avez pas, hélas ! de caudataire. Vous n'enseignez au fond d'aucune chaire Le japonais, le sanscrit et l'hébreu.
Cédez, ma mie, à ce critique en feu Dont les arrêts ne peuvent pas se faire Lire.
Novembre 184 S.
208 ODES FVNAMBVLESq^VES.
A Désirée Rondeau,
JKondeau frivols, où ma rime dorée
Vient célébrer une femme adorée,
Dis ses attraits dont s'affole chacun,
Et ses cheveux pleins d'un si doux parfum,
Qu'eût enviés la Grèce au temps de Rhée.
Dis les Amours qui forment sa chambrée; Et dis surtout à notre muse ambrée Que son éloge aurait mieux valu qu'un Rondeau !
ODES FVNAMBVLESQ^VES. 20p
Dis qu'en son nid, si cher à Cythérée, Notre misère est souvent préférée Au sac d'écus d'un Mondor importun.
Et que toujours, pour le poète à jeun S'ouvrent les bras charmants de Désirée Rondeau.
Novembre 1845.