TRIOLETS
Mort de Shakspere.
L)ucuing, cet ami de Ponsard, A bien dit son fait à Shakspere.
Ils étaient, avec le hussard Ducuing, sept amis de Ponsard :
Ils ont tous égorgé Ronsard, Et sous leurs coups Shakspere expire.
Ducuing, cet ami de Ponsard, A bien dit son fait à Shakspere.
Janvier 1844.
ODES FVNAMBVtESCtVES.
Néraut, Tassin et Grëdelu.
INéraut, Tassin et Grédelu Maintiennent l'art fougueux et chaste.
Je préfère à TancrèJe lu Néraut, Tassin et Grédelu.
Comme Quimper, Honolulu Célcbre ces Talmas sans faste.
Néraut, Tassin et Grédelu Maintiennent l'art fougueux et chaste.
Décembre 1845.
ODES FVNAMBVLESQ^VES.
Grëdelu.
INaguères j'ai vu Grédelu Représenter un jeune singe.
Au fond du grand bois chevelu Naguères j'ai vu Grédelu.
Ce soir-là, certes, il a plu Sans l'éclat trompeur du beau linge.
Naguères j'ai vu Grédelu Représenter un jeune singe.
Décembre 1845.
ODES FVNAMBVLESQ^VES. 213
Tassin.
Le beau Tassin, en matassin, Parfois a fait rêver Labiche.
On n'habille pas sans dessein Le beau Tassin en matassin.
On eût pris pour un faon, Tassin Quand il figurait dans La Biche.
Le beau Tassin, en matassin, Parfois a fait rêver Labiche.
Décembre 1845.
21+ ODES FVNAMBVLESQ^VES.
Néraut.
V^uand ils sont joués par Néraut, Tous les rôles portent leur homme.
Les rôles ont tous un air haut Quand ils sont joués par Néraut.
A Nérac, Néraut, en héraut, Fut pareil à Néro dans Rome.
Quand ils sont Joués par Néraut, Tous les rôles portent leur homme.
Décembre 184$.
ODES FVNAMBVLESQ^VES. 215
Feu de Bengale.
Wéraut, Tassin et Grédelu Sont l'honneur des apothéoses, Roscius n'a jamais valu Néraut, Tassin et Grédelu.
Ces noms, par un charme absolu, Voltigent sur des lèvres roses.
Néraut, Tassin et Grédelu Sont l'honneur des apothéoses.
Décembre 1S45.
2l6 ODES FVNAMBVLESQ^VES.
Leçon de chant.
IVloi, je regardais ce cou-là.
Maintenant chantez, me dit Paule.
Avec des mines d'Attila Moi, je regardais ce cou-là.
Puis, un peu de temps s'écoula...
Qu'elle était blanche, son épaule !
Moi, je regardais ce cou-là; Maintenant chantez, me dit Paule.
Août 184$.
ODES FVNAMBVIESQ^VES. 217
Académie royale de Mus.
Voulez-vous des Jeux et des Ris?
On en tient chez Monsieur Guillaume.
Il fabrique rats et souris.
Voulez-vous des Jeux et des Ris? Il fournit le Bal de Paris^ Le Château-Rouge et l'Hippodrome.
Voulez-vous des Jeux et des Ris?
On en tient chez Monsieur Guillaume.
Juillet ïS.i<^.
:i8 ODES FVNAMBVLESQ^VES.
Du temps
<iUE LE MARÉCHAL BUGEAUD POURSUIVAIT VAINEMENT ABD-EL-KADER
ijugeaud veut prendre Abd-el-Kader :
A ce plan le public adhère.
Dans tout ce que l'Afrique a d'air,
Bugeaud veut prendre Abd-el-Kader.
Il voudrait que cet Iskander,
Cet aigle au grand vol manquât d'aire !
Bugeaud veut prendre Abd-el-Kader :
A ce plan le public adhère.
Mai 1846.
tr
ODES FVN AMBVLESQ^VES. 219
Age de M. Paulin Limayrac.
Le jeune Paulin Limayrac Est âgé de huit ans à peine.
Il est englouti dans son frac, Le jeune Paulin Limayrac.
Il a beau boire de l'arack Et prendre une mine hautaine.
Le jeune Paulin Limayrac Est âgé de huit ans à peine.
Mai 1846.
ODES FVNAMBVLESQ^VES.
Bilboquet.
Voltaire et l'École normale!
Figaro du 30 décembre 185?
Cjette malle doit être à nous, Car c'est la malle de Voltaire, Mettons-la sens dessus dessous :
Cette malle doit être à nous !
Voltaire a légué ses bijoux A Lhomond, par-devant notaire.
Cette malle doit être à nous, Car c'est la malle de Voltaire.
Janvier 1859.
ODES FVNAMBVLESQ^VES.
Élève de Voltaire!
As-tu lu Voltaire? Non pas; Jamais, jamais, pas mcme en rêve.
Allons, dis si tu nous trompas :
As-tu lu Voltaire ? Non pas.
Il suffit : je vais de ce pas T'annoncer comme son élève!
As-tu lu Voltaire ? Non pas ; Jamais, jamais, pas même en rêve.
Janvier 1859.
ODES FVN AMBVI,ESQ.VES.
Monsieur Homais.
Lisez Voltaire, disait l'un.,.
Gustave Flaubert, Madame Bovary,
iNon, Homais ne mourra jamais!
Il revient en Croquemitaine.
Ce faux Arouet, c'est Homais :
Non, Homais ne mourra jamais.
Il prend peu de mitaines ; mais On dit qu'il a pour ami Taine.
Non, Homais ne mourra jamais !
Il revient en Croquemitaine.
Janvier 1859.
ODES FVNAMBVLESQ^VES. 22 j
Polichinelle Vampire.
V^et académicien blanc Hurle sous sa perruque verte.
Voici venir, le glaive au flanc, Cet académicien blanc.
Muse, il se gorge de ton sang, Il le boit par la plaie ouverte.
Cet académicien blanc Hurle sous sa perruque verte.
Janvier 1846.
224 ODES FVNAMBVLESQ^VES.
Opinion sur Henry de La Madelène.
J 'adore assez le grand Lama, Mais j'aime mieux La Madelène.
Avec sa robe qu'on lama J'adore assez le grand Lama.
Mais La Madelène en l'âme a Bien mieux que ce damas de laine.
J'adore assez le grand Lama, Mais j'aime mieux La Madelène.
Août 1850.
ODES FVNAMBVLESQ^VES.
Note
rose.
Hier j'ai vu Mélite au bois Avec une tignasse rose.
Près de l'Hippocrùne où je bois, Hier j'ai vu Mélite au bois.
Ses beaux airs de biche aux abois Ont fort indigné Monsieur Chose.
Hier j'ai vu Mélite au bois Avec une tignasse rose.
Décembre 1855.
226 ODES FVNAMBVLESQ^VEi
Monsieur Jaspin.
C-/onnaissez-vous monsieur Jaspin De l'Estaminet de l'Europe?
Il a la barbe d'un rapin, Connaissez-vous monsieur Jaspin?
Chevelu comme un vieux sapin, Il aime la brune et la chope.
Connaissez-vous monsieur Jaspin De V Estaminet de l'Europe?
ODES FVNAMBVLESQ^VES.
Il donne ses coups de boutoir A VEstaminet de l'Europe.
Souvent jusque sur le trottoir Il donne ses coups de boutoir.
Pourtant la nymphe du comptoir Assouplit ce dur misanthrope. Il donne ses coups de boutoir A VEstaminet de l'Europe,
Novembre 1846.
228 ODES FVNAMBVLESQ.VES.
Le divan Le Peletier.
K^e fameux divan est un van Où l'on vanne l'esprit moderne.
Plus absolutiste qu'Yvan, Ce fameux divan est un van.
Des farceurs venus du Morvan Y terrassent l'hydre de Lerne, Ce fameux divan est un van Où l'on vanne l'esprit moderne.
Là, Guichardet, pareil aux Dieux, Montre son nez vermeil et digne.
Ici, des nains qui n'ont pas d'yeux Là, Guichardet, pareil aux Dieux.
ODES FVNAMBVLESQ^VES. 229
Miirger, c'est fort dispendieux, Fait des mots à cent sous la ligne.
Là, Guichardet, pareil aux Dieux, Montre son nez vermeil et digne.
On voit le doux Asselineau Près du farouche Baudelaire.
Comme un Moscovite en traîneau, On voit le doux Asselineau.
Plus aigre qu'un jeune cerneau, L'autre est comme un Goethe en colère On voit le doux Asselineau Près du farouche Baudelaire.
On y rencontre aussi Babou Qui fait de ce lieu sa Capoue.
Avec sa plume pour bambou, On y rencontre aussi Babou.
A sa gauche, un topinambou Trousse une ode topinambouc.
On y rencontre aussi Babou Qui de ce lieu fait sa Capoue.
>30 ODES FVNAMBVLESCLVES.
Près de l'harmonieux Stadler, Flamboie encor La Madelène.
Emmanuel regarde en l'air, Près de l'harmonieux Stadler.
Voillemot voit dans un éclair Passer le fantôme d'Hélène.
Près de l'harmonieux Stadler Flamboie encor La Madelène.
Le divan près de l'Opéra
Est un orchestre de voix fausses.
On ne sait quel mage opéra
Le divan près de l'Opéra.
Ces immortels morts, on paiera
Pour contempler encor leurs fosses.
Le divan près de l'Opéra
Est un orchestre de voix fausses.
Septembre. i8$2.
^^m^^fn^^i^m.