‹ Odes funambulesques (volume 2)Chapitre 56 sur 63 · PANTOUM · texte numérisé non relu

PANTOUM

L'automne est doux; adieu, libraires!

L'oiseau chante dans le sillon.

Monselet dit à ses confrères :

« Êtes- vous or pur ou billon? »

L'oiseau chanta dans le gillon^ Le ciel dans les vapeurs s'allume.

« Êtes-vous or pur ou billon?

Répondez, soldats de la plume, »

Le ciel dans les vapeurs s'allume : Ma mie, il faut aller au bois.

« Répondez, soldats de la plume.

Ne parlez pas tous à la fois. »

Ma mie, il faut aller au bois, Là-ba§ où la bmé sQiipire, c Ne parlez pas tous h la fois ; Lequel de voms-est m Sbaksp^re? »

Là-bas où la brise soupire.

Il fait bon pour les cœurs souffranis i c Lequel de vous est un Shakspere?

Lequel est Balzac? Soyez francs. »

Il fait bon pour les cœurs souffrants :

Sur la mousse je veux qu'on m'aime, « Lequel est Balzac? Soyez francs.

— Balzac? dit chacun, c'est moi-môme. »

Sur la mousse je veux qu'on m'aime, De la seule étoile aperçu.

— € Balzac ? dit chacun, c'est moi-môme . »

Monselet rit comme un bossu.

De la seule étoile aperçu, Qu'un baiser de feu me dévore î Monselet rit comme un bossu.

Bon biographe, ris encore !

t64 ODES FUNAMBULESQUES.

Q'ufj baiser de feu me dévore t Hélas i le bonheur est si court!

Bon biographe, ris encore, On n'entendra plus Mirecourt.

Hélas ! le bonheur est si court! àésirs vains et téméraires i Oni n'entendra plus Mirecourt, L'automne est doux : Adieu, libraires i

Septembre 1856.

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