‹ Odes funambulesques (volume 2)Chapitre 61 sur 63 · LE SAUT DU TREMPLIN · texte numérisé non relu

LE SAUT DU TREMPLIN

Glown admirable^ en vérité f Je crois que la postérité, Dont sans cesse Thorizon bouge.

Le reverra, sa plaie au flanc.

Il était barbouillé de blanc, De jaune, de vert et de rouge.

Môme jusqu'à Madagascar Son nom était parvenu, car C'était selon tous les principes Qu'après les cercles de papier.

Sans jamais les estropier Il traversait le rond des pipes.

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Il s'élevait à des hauteurs Telles, que les autres sauteurs Se consumaient en luttes vaines.

Ils le trouvaient décourageant, Et niurmuraient : « Quel vif-argent Ce démon a-t-il dans les veines? »

Tout le peuple criait : * Bravo ! »

Mais lui, par un effort nouveau.

Semblait roidir sa jambe nue, Et, sans que Ton sût avec qui, Cet émule de la Saqui Parlait bas en langue inconnue.

C'était avec son cher tremplin.

Il lui disait : < Théâtre, plein D'inspiration fantastique.

Tremplin qui tressailles d'émoi Quand je prends un élan, fais-moi Bondir plus haut, planche élastique !

c Frète machine aux reins puissants, Fais-moi bondir, moi qui me sens Plus agile que les panthères, Si haut que je ne puisse voir Avec leur cruel habit noir Ces épiciers et ces notaires f

« Par quelque prodige pompeux.

Fais -moi monter, si tu le peux.

Jusqu'à ces sommets où, sans règles , Embrouillant les cheveux vermeils Des planètes et des soleils.

Se croisent la foudre et les aigles.

« Plus haut encor, jusqu'au ciel pur !

Jusqu'à ce lapis dont l'azur Couvre notre prison mouvante!

Jusqu'à ces rouges Orients Où marchent des dieux flamboyants, Fous de colère et d'épouvante.

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t Plus loin! plus hault je vois encor

Des boursiers à lunettes d*or,

Des critique$, des demoiselles

Et des réalistes en feu.

Plus haut! plus loin ! de l'air! du bleu!

Des ailes! des ailes! des ailes! »

Enfin, de son vil échafaud, Le clown sauta si haut, si haut, Qu'il creva le plafond de toiles Au son du cor et du tambour.

Et, le cœur dévoré d'amour.

Alla rouler dans les étoiles.

Féyrier 1857.

Non Ï)ES ÈDïTÉlïlS

h sait qùèrgrand et légitime succès ont obtenu, a leur lippàriti^n, lèà Oâà furtarnbulesques. Nous n'avons rien négligé pour que la présente édition fût encore plus digne que sa devancière de la faveur du public.

Ainsi nous avons obtenu de l'auteur le droit d'y joindre douze pièces nouvelles, rentrant toutes dans la couleur et

dans la manière du livre/et ^ ont été très-remarquées dans les journaux et revues tiûi les ont "publiées.

Ces pièces sont : la Belle VÈRONiè'uÈ, l*a Voyageuse, â Caroline Letessier, Yillanelle des pauvres ^ous^eurs, Mademoiselle Page, Rondeau, Bilboquet, Élève de VoLTAmE, Perrin Dandin, Monsieur Homais, friolets, Ma Biographie, A Henri d'Ideoille, Écrit, sur un exemplaire des ODELETTES, A AuGusTiiïiÉ Srôhan, t^ ^ÀmTE Bohème. *

D'après le conseil de ses critiques les plus i^év^es et de ses

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