LE BOURGEOIS, PIERROT
LE BOURGEOIS, à Pierrot, qni s'est avancé, avec intérôt.
Monsieur est souffrant?
Pierrot exprime qne non.
Non I tant mieux.
Pierrot montre an bourgeois un écritcan ayec ces mots : Jk suis Pieiuiot.
LE BOURGEOIS, lisant l'écriteau.
« Je suis Pierrot! »
Avec admiration.
Il est Pierrot! Dieux c'est ici que Pierrot loge! Il est Pierrot I
130 ODÈê fCNAMBtll^ESQÛES.
À Pierroi.
Monsieur, cela fait votre éloge.
MoNSisun, mime Pierrot, vous irts trop bon, et yous êtes ktiit tùti,
POUR UM BIRBE ACCABLÉ BE GADUCITi.
Vous dites que je suis joli pour un barbon, ^ Et que je suis trop boni Je ne suis-pas trop bon, Car votre accueil m'enchante, et, depuis ma naissance. Je désirais Thonneur de votre connaissance !
Pierrot s'incline et exprime qn'il est flatté de ce compliment.
Et... vous ne parlez pas?
Pierrot fait signe qne non.
Non ? Les gens bienséants Parlent fort peu I
Changeant la conyersation.
Quelle est la muse de céans?
Pierrot exprime qne c'est la Folie.
La Folie? Ah I vraiment I Votre salle est divine! Son aspect est gai comme un pinson t
Pierrot exprinie qu'elle dépasse toutes les merreilles du monde, et qne Louis XIV lui-mâme, bien qu'il ressemblât au Soleil, n'en ayait pas de plus splendide.
Je devine.
ÔDEâ FtJNAMBULÊfttîUÉS. iU
Yons me dites qae, même au tempg dii roi LaaîÉ, Rien d'aussi magnifique, aux regards éblouis Ne partit!
Pierrot exprime qn'il a faHo dépeftaer &6» éftpitaixx considérables ponr arriver à eonstmire an pareil édifice.
Ah! fort bien I Je vous entends. Nous sommes D'accord. Il a fallu donner de fortes sommes Pour la faire^ éventrer d'énormes galions.
Et mettre des ducats dessus des millions I
Pierrot exprime que c'est bien cela et que le Bourgeois ne se trompe pas.
Quel genre voulez-vous jouer? La tragédie?
C*est un genre français, excellent quoi qu'on die !
Pierrot fait la parodie d'un acteur tragique, puis il dit que, malgré tonte sa sympathie pour la haute littérature, il ne croit pas devoir s'y consacrer.
Non f le drame?
Pierrot faK la parodié d'an âêtevr de drame, n se ptomèoe à grands pas. ciKL, dit-il, ou PBUT ÊTBi MA. FiLLi I A ce momcut le Bourgeois tire sa tabatière pour prendre une prise. Pierrot lui prend sa tabatière. ObI dit-il,
CSTTK PKTITK CBOIZ D'OK f MaIS ALORS TU ES HA FILLI I JE SUIS TA U%hM I
C'est supebbi, ajoute Pierrot, hais je ne yeux pas de cela non plus, je
PBépftBB DES COMiDIlS PLUS 6AIES.
Non plus?
Ma POt MON, dit Pierrot.
Ah f vous ne voulez pas
Marcher toujours en deux, fei^dus comme un compas. Et faire trembler tout, jusques à la Bastille, Pour crier à la fin : « Ciel 1 ma mère I ma fille I »
" fik FOI NON, dit Pierrot.
Le vaudeville ? ,
Pierrot en riant fait signe que non.
Non ! vous avez trop d'esprit.
A Pierrot, avee Içs ménagements qu'on emploie auprès d'une personne à qui l'on Teat dire quelque chose de désagréable.
Cher monsieur Pierrot, nul jamais ne vous comprit Aussi bien que je fais, grâce au style, sublime Et touchant à la fois, de votre pantomime.
Mais,
Avec hésitation.
Quoiqu'elle me rende extrêmement content.
Ne pourrais-je causer avec quelque habitant De ce petit endroit cher à la fantaisie.
En simple prose, ou môme en simple poésie?
Ah Î dît Pierrot, c'est très-facile, j'ai votre affaire. Il va à une coulisse et semble appeler familièrement quelqu'un. Aussitôt paraît le Lutin des Folies-Nouvelles, cheveux au vent, couleur d'or, regard et sourire extasiés, personnification de ce qu'ont de plus adorable le Caprice et la Fantaisie.
LE BOURGEOIS, apercevant le Lntia.
Mais quel est cet éclair en habit de gala ?
C!oinme je clorais bien avec ce démon-là Le chapitre éternel de ines mélancolies I