L'ANCIENNE SALLE
Avec une gaîté rare Alors je vous amusais.
Puis je grattais ma guitare.
Et je disaii^... je disais :
Digue, digue, don.
Refrain de Kelm.
LE LUTIN, aa Bourgeois.
Eh bien, que dites-vous de sa voix?
LE BOURGEOIS
Fort touchante.
ODES FUI^AMBULESQUES. 199
Pour ntoî, ^Q h papier! j'ahne ce qu'elle osante t Oui, cette anqienije salle a yraim^at Fair ouyeTtl Hais, ma foil s^n costume esttr<)p jaune et trop yçrtj
Akbq g«]fU(terio fia Ifitin.
Quoiqu'elle vaille moins que ce qu'elle dérobe. Mon cher petit démon, j'aime mieux votre robe!
LE LUTIN, montrant l'Ancienne Salle.
Eh ! qu'importe I elle a su venir au bon moment ! Mais je parais, et d'elle il reste seulement. Voyez! cet art bouffon qui fit sa jeune gloire!
Sur le mot yotbz, an changement de oQstam^e 9'exécate à Toe. Le personnage représentant l'ancienne salle des Folies Concertante» (Msparalt et laisse voir à sa place on comédien TÔtu d'an splendidei costame bo^ffoç^
](^ ÇOMÉBIEII BOUFFON.
Oui, c'es^ ppi, me yoilà i Yof s savez m>u. bi^rf • Je naquis près des dieux anUqiill^ Bies Toi^ii^ Sur un lourd charial ç^itr^Ba^é de raisins I Puis, sur tom^ les tréteaiix et sur toutes les planches J'ai fustigé le vea^d^^m^ mQ a^x dents blanches! £^ kgtçant, comme dit Hamlet : c des mots, des mots ! » J'ai distra^ quelqjqu^fois 1^ pd$sa,ot A^§^ vm^i Polichinpllp et clown, j'ai su, qu'ope ?:» wuvieftW»
Joyidre à Thumour anglais la verve italienne î
J'aurai fini ma tâche et rempli mon devoir,
Si veus voulez aussi vous égayer à voir.
Au bruit de la crécelle et du tambour de basque.
Frissonner ma crinière et grimacer mon masque i
Cherchez- vous la maison de Scapin? c'est ici!
Et les enfants seront les bienvenus aussi !
gaîté I dans ce temple heureux où tu t'installes,
Nous avons peint des fleurs et rembourré des stalles !
An public, ayec coSTiction.
Messieurs, sur ces dossiers vraiment miraculeux, Vous pourrez à loisir rêver des pays bleus f Ces frêles ornements, ces riches arabesques, Où court la fantaisie en dessins pittoresques. Trahissent le cachet de leur peintre, qu'en bon Français il faut nommer...
LE BOURGEOIS
II faut nommer...
LE COMÉDIEN BOUFFON
Gambon I Craignez- VOUS que jamais le bon goût ne rature ' Ces chefs-d'œuvre?
LE BOURGEOIS
Parlons un peu littérature.
LE COMÉDIEN BOuItON.
Nos acteurs?
Chacnn des personnages qu'il nomme toar à tour entre en scène & mesure que son nom est prononcé ; puis tous finissent par former un tableau d'un aspect bouffon et poétique. |
Us mettront la critique aux abois.
Quoiqu'ils soient si jolis, ils ne sont pas de boi»t Voyez f c'est Arlequin avec sa Colombine, Cç joli couple en qui le poëte combine L'âme avec le bonheur se cherchant tour à tour, Et l'idéal avide, en quête de l'amour !
Voici Léandre encor, voici Polichinelle, Un gaillaFd vicieux comme la Tour de Nesle!
Et le plus grand de tous, calme comme un Romain Le plus spirituel, le plus vraiment humain.
Formidable, et toujours plus grand que sa fortune. Mon cher ami Pierrot, le cousin de la lune!
Isabelle 1 oiseau bleu qui chante en sa prison ! Et Cassandre tremblant, sot comme la raison t
âf« ÛABS FUNAMBULESQUSil.
LE BOURGEOIS
Et qae racontent-Ils?
LE LUTIN
Une histoire profonde, Toujours vieille et toujours jeune, comme le monde t Golombine, cet ange au souple casaquia, À laissé ramasser son eœur par Arlequin, Un don Juan de hasard, qui, gracieux et leste. Fait chatoyer sur lui tout l'arc-en-ciel céleste i Restez, dit la Raison ; fuyez, leur dit l'Amour t Par les champs d'épis mûrs, baignés des feux du joju*. Par les nDires forêts, par l'azur de^ grands fleuves. Ils vont I Mfûs soutenus dans toutes eea épreuves. Le feuillage s'éclaire au bruit de leurs chansons; ' Un repas sqrt pour eux du milieu des buissons ; Sur leurs pas, qae dans Tair suivent des harmonies. Des barques ^t 49s ehars, poussés par les génies. Leur offrent up abri sous des voiles flottants. Et tout lefuff réussit, par^ qu'ils out vingt ans 1
Ob68 Ft!lAMbbLBSQUË6. iii
CHANSON
Ce roman-là, c'est la vie t Que, sous le loanteau des bois, L'âme et la lèvre ravie Vont épeler à la fols f ^ Dans leur humeuî vagabonde, Barbe grise et tête blonde Le poursuivent tour à tour 1 Il n'est qu'une histoire au monde, C'est l'histoire de l'amour.
Beau pays de la féerie, Que nul encor n'a trouvé.
Doux Éden, terre fleurie.
Au moins nous t'avons rêvé t mes sœurs, ô filles d'Eve, Lorsqu'en mai frémit la sève.
Quand le ciel sourit au jour^
m ODES FUNAMBULESQUES.
Pour nous il n'est qu'un beau rêve .
C'est le rêve de l'amour f
, L'un sur sa lyre d'ivoire, Sous les feux de l'Orient, Dit en vers sacrés la gloire Et son laurier verdoyant.
Sous la pourpre ou la dentelle, L'autre chante, ô Praxitèle, Ta déesse au fier contour :
Mais la chanson immortelle C'est la chanson de l'amour.
LE BOURGEOIS
C'est parfait !
LE COMÉDIEN BOUFFON. -
Cependant Cassandre avec Léaûdre Les poursuivent. Mais quoi ! le beau-père et le gendre Se déchirent la jambe à tous les traquenards I Tantôt on les fusille ainsi que des renards : Ils se battent entre eux. L'un crie : On m'assassine I
Pour Tautre, le bon vin se change en médecine. Cent mille soufflets, Tun sur l'autre copiés, Alternent sans relâche avec les coups de pieds. Yeulent-ils lire? on voit se hausser la chandelle. Qui revient, si plus tard on n'a plus besoin d'elle. Et, tandis que Léandre a gâté son pourpoint, Et que le vieux barbon, toujours plus mal en point. Est rossé par le diable et par son domestique. Les amoureux, ravis au pays fantastique.
S'enivrent dans les bois des senteurs du printemps, Et tout leur réussit, parce qu'ils ont vingt ans t
LE LUTIN
Grâce à la Fée, un jour, après tous ces longs jeûnes. Les voilà mariés I ils sont beaux, ils sont jeunes f Sous un soleil tournant qui brille à ciel ouvert. Dans un palais orné de paillon rouge et vert. On les unit, et l'air, rempli d'apothéoses, Se teint de fleur de soufre, et d'azur et de roses !
LE COMÉDIEN BOUFFON
Pendant tout ce temps-là, doux, pensif et i:ailleur, Dérobant tout, mangeant et buvant du meilleur.
Et ne slntéressant à rien, comme les sages, Pierrot s'est promené parmi les paysages^ Sans même seulement vouloir tourner les yeux Vers la fée au char d'or, qui s'enfuit dans les cieux î Paresseux et gourmand, voilà dans quelle étoffe Le gaillard est taillé t
LE BOIIR&EOIS.
C'est un grand philosophe f Et j'aime le roman que vous m'avez conté.
LE COMÉDIEN BOUFFON, aa Latio.
C'est le plus beau de tous, il n'est pas dégoûté !
Aa Bourgeois, en lui montrant le groupe des danseuses. ,
Voulez-vous voir aussi nos nymphes bocagères Et le chœur bondissant de nos danses légères? Vous avouerez qu'auprès de nous Vestris marchait !
Aux daaseiues, «Teo l'iotonation consacrée.
Que la tète commence !
Aux musiciens de l'orchestre.
Hé ! messieurs de l'archet f Ce petit monde-là n'attend qu'une cadence ;
ODES FUNKMBULfiSQUfiB. 14?
An Boitf g«ob &k an p&kUe.
Car pour vous réjouir tout cela chante et danse. Nous possédons au moins soixante-treize EUsler.
LE BOURGEOIS
Soixante-treize !
LE COStÊÎJIEK BOtFPON.
. Au moins ! vous les verrez en l'air.
LE BOURGEOIS
Devant mes yeux charmés quand vont-elles s'ébattre?
LE COMÉDIEN BOUFFON
Demain f En attendant, en voici toujours quatre !
LE BOURGEOIS
Voyons.
Les danseuses exécutent un pas Cbloussadt de âélire et de « réalisme. » LE BOURGEOIS, au Comédien bouffon.
Sac à papier I je crois qu'une Péri, A vouloir devancer leurs ailes, eût péri f C'est divin ! fougue ardente et grâce printanière !
\ A Pierrot.
Mais que faisiez-vous donc à la saison dernière, Mon ami? Tâchiez- vous d'instruire en badiaattt?
Pierrot exprime qa'il n'a jamais songé à cela. Ce ove nous faisions, dit-il,