‹ Odes funambulesques (volume 5)Chapitre 10 sur 75 · PREMIER SOLEIL · texte numérisé non relu

PREMIER SOLEIL

Italie, Italie, â terre où toutes choses Frissonnent de soleil, hormis tes méchanta ries t Paradis où l'on tronve avec les lauriers-roses Des sorbets à la neige et des ballets divins t

Terre où le doux langage est rempli de dipbthongues ! Voici qu'on pense à toi, car voici venir mai. Et nous ne verrons plus les redingotes longues Où tout parfait dandy se tenait enfermé.

Sourire du printemps, je t'offre en holocauste Les manch(}ns, les albums et le pesant castor. Hurrab I gais postillons, que les chaises de poste Volent, en agitant une poussière d'or I

Les lilas vont fleurir, et Ninon me querelle. Et ce matia j'ai tu mademotselte Ozy Près des PaDoramas déployer son ombrelle :

C'est que le triste hiver est bien mort, songez-y I

Toiei dans le gazon les corolles ouTertes, Le parfum de la sève embaumera les soirs.

Et devant les cafés, des ranfs de tables verles Ont par enchantement poussé sur les trottoirs.

Adieu donc, nuits en flamme où le bal s'eitasie t Adieu concerts, scotishs, glaces à l'ananas.

Fleurissez maintenant, fleurs de la fantaisie. Sur la toile imprimée et snr te jaconas I

Et vous, pour qui naîtra la saison des pervenches, Rendez à ces zéphyrs que voilà revenus.

Les légers mantelets avec les robes blanches. Et dans un mois d'ici vous sortirez bras nus t

Bientôt, sous les forêts qu'argentera la lune, S'envolera gatment la nouvelle chanson ; Nous y verrons courir la rousse avec la brune. Et Mnsetle et Nichette avec Mimi Pinson !

ilB!

Bientât tu t'enfuiras, ange Mélancolie, Et dans le fias-Meudon les bosquets seront verts. Débouchez de ce vin que j'aime à la folie.

Et donnez-moi Ronsard, je veux lire des vers.

Par ces premiers beaux jours la campagne est en fê Ainsi qu'une épousée, et' Paris est charmant. Chantez, petits oiseaux du ciel, et toi, poëte, Parle I nous t'écoutons avec ravissement.

C'est le temps où l'on mène une jeune maltresse Cueillir la violette avec ses petits doigts.

Et toute créature a le cœar plein d'ivresse Excepté les pervers et les marchands de bois !

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