SCÈNE PREMIÈRE
UN BOURGEOIS
Au meurtre î épargnez un bourgeois !
Voyant qne personne ne le poursuit, il se rassure un peu, se ta te, examine ses vêtements d'un air piteux, et continue. /
J'ai donné contre Un mur, et j'ai cassé le verre de ma montre I Mon chapeau défoncé s'est tout aplati sur Ma tête. C'en est fait, je suis mort, à coup sûr! Non, je ne suis pas mort, mais je suis plein de plâtre. Où suis-je? C'est Fenfer, ou bien c'est un théâtre! Oui, voilà des décors. Que c'est vilain de près!
Un ancien a raison de dire en mots exprès
Que, même à soixante ans, un homme n'est pas sage!
Au public, confidentiellement.
Je crois sans plus d'affaire enfiler un passage, (Je venais de dîner au prochain restaurant;) J'entre, je m'aplatis le nez contre un torrent! Je crève une forôt, et ma jambe, qu'attrape Un cible, s'engloutit dans le trou d'une trappe f Mon père l'exprimait judicieusement :
« Quoiqu'on y voie, avec leur sourire charmant. Des femmes, aux regards célestes, aux cous lisses. On ne se saurait trop méfier des coulisses :
On peut trop aisément s'y f?iire estropier ! »
Apercevant la salle.
Mais je n'avais pas vu cela I Sac à papier!
Le bel endroit ! Quelle est cette superbe salle? Quel luxe ! Ma surprise est vraiment colossale f Je ne reconnais rien du tout; pourtant je sais Qu'ici je ne suis pas au Théâtre- Français!
S'il passait dans ces lieux, où le hasard m'amène.
En Prud'homme.
Quelque acteur, un suppôt de l'art de Melpomène,
ODES FUNAMBULESQIJES. 123
Je saurais si ces murs, ^ui n'ont rien de mesquin, Abritent le cothurne ou bien le brodequin I Distinction utile, et même principale t
• AperceTant Pierrot, qui parait au fond.
Justement, j'en vois un qui vient. Comme il est pâle ! On dirait un malade; avec son blanc sarrot!