LE SAUT DU TREMPLIN
Glown admirable, en vérité 1 Je crois que la postérité, Dont sans' cesse Thorizon bouge, Le reverra, sa plaie au flanc.
Il élait barbouillé de blanc.
De jaune, de vert et de rouge.
Même jusqu'à Madagascar Son nom était parvenu, car C'était selon tous les principes Qu'après les cercles de papier.
Sans jamais les estropier Il traversait le rond des pipes.
ODES F11NAMBULE6.QUES. M7
II s'élevait à des hauteurs Telles, que les autres.sauteurs Se consumaient en luttes vaines^ Ils le trouvaient décourageant.
Et murmuraient : « Quel vif-argent Ce démon a-t-il dans les veines? »
Tout le peuple criait : f Bravo I i Mais lui, par un effort nouveau ^ Semblait roidir sa jambe nue^ Et, sans que Ton sût avec qui, Cet émule de la Saqui Parlait bas en langue inconnue.
C'était avec don cher tremplin.
Il lui disait : < Théâtre, plein D'inspiration fantastique.
Tremplin qui tressailles d'émoi Quand je prends un élan, fais-moi Bondir plus haut, planche élastique I
t Frôle machine aux reins puissants, Fais-moi bondir, moi qui me sens Plus agile que les panthères, Si haut que je ne puisse voir Avec leur cruel habit noir Ces épiciers et ces notaires f
« Par quelque prodige pompeux, Fais -moi monter, si tu le peux.
Jusqu'à ces sommets où, sans règles.
Embrouillant les cheveux vermeils Des planètes et des soleils, Se croisent la foudre et les aigles.
« Plus haut encor, jusqu'au ciel pur î Jusqu'à ce lapis dont l'azur Couvre notre prison mouvante !
Jusqu'à ces rouges Orients Où marchent des dieux flamboyants^ Fous de colère et d'épouvante.
iJr
« Plus loint plus hautt je vois encor
Des boursiers à lunettes d'or,
Des critiques, des demoiselles
Et des réalistes en feu.
Plus hauti plus loinl de Tairt du bleu!
Des ailes I des ailes I des ailes t t
Enfin, de son yil échafaud, Le clown sauta si haut, si haut, Qu'il creva le plafond de toiles Au son du cor et du tambour.
Et, le cœur dévoré d'amour.
Alla rouler dans les étoiles.
FéTrier 1857.
On sait quel grand et légitime succès ont obtenu^ à leur apparition, lés Odes funambulesques. Nous n'avons rien négligé pour que la présente édition fût encore plus digne que sa devancière de la faveur du public.
Ainsi nous avons obtenu de Tauteur le droit d'y joindre douze pièces nouvelles, rentrant toutes dans la couleur et dans la manière du livre, et qui ont été très-remarquées dans les journaux et revues qui les ont publiées.
Ces pièces sont : la Belle Véronique, là Voyageuse, A Caroline Letessier, Villanelle des pauvres housseurs, Mademoiselle Page, Bxmdeau, Bilboquet, Élève de Voltaire, Perrin Dandin, Monsieur Homais, Triolets, Ma Biographie, A Henri d'IdeviUe, ËCRit sur un exemplaire des ODELETTES, A Augustinb Brohàn, la Sainte Bohème. D'après le conseil de ses critiques les plus sévères et de ses
meilleurs amis, (c'est tout un,) Pauteur a cru devoir retrancher du volume, signé de lui cette fois, cinq pièces qui touchaient de trop près à la charge, ou qui présentaient dans leur exécution quelques enfantillages peu dignes d'un recueil auquel le puhlic semble vouloir accorder une certaine l'irée.
Quoique l'ouvrage n'ait pu que gagner à ces suppressions, nous rétablissons pourtant ici^ mais dans cette édition pour la dernière fois, quatre de ces pièces,- pour les coUectionneurs qui ne veulent rien perdre.
CHANSON
SUR l'air des hirondelles, de Félicien dayid.
Sectateurs de Galoppe, Chez vous il fait bien froid !
De peur qu^on vous éclope.
Jouez Le Misanthrope Sans Geffroy!
Août 1847.
CRITIQUE D'ART triolet.
Sur les types de Fragonard Ici je soutiens cette thèse.
Je ne verserai pas de nard Sur les types de Fragonard. *
Je n*aimai jamais l'épinard
Ni Fragonard ! — J*én suis bien aise !
Sur les types de Fragonard
Ici je soutiens cette thèse.
Janyier 1846.