‹ Odes funambulesquesChapitre 7 sur 42 · CD US FVNAMBVLZSC^VES · texte numérisé non relu

CD US FVNAMBVLZSC^VES

Et qu'il faille chanter, ô ma Muse folâtre!

Car je vous aurais dit : « Le feu brille dans l'âtre,

La verte salamandre y sautille en rêvant;

Laissons tomber la pluie et soupirer le vent,

Car les sophas sont doux loin des regards moroses,

Et nos verres de vin sont pleins de rayons roses. »

Mais Karr peut seul flâner aux grèves d'Etretat. Un dieu ne nous fit pas ces loisirs : notre état, C'est de fouetter au sang, comme Croquemitaine, Tous les petits vauriens, d'une façon hautaine. Nous leur faisons bien peur ! Heureusement je vois Que mon Croquemitaine, avec sa grosse voix, Avale à belles dents les bonbons aux pistaches, Porte des bas à jour et n'a pas de moustaches. La moustache irait mal avec sa douce peau.

Mais nous perdons du temps ! Jetez là ce chapeau^ La robe, les jupons ; tirez cette baleine, Ce bas de cachemire avec sa blanche laine ; Otez ce joyau d'or et ce petit collier. Il faut, ma chère enfant, vous mettre en cavalier. Nous allons dans un bouge où, tout le longdu drame, L'on est fort exposée en costume de femme. Passez ce pantalon et ces bottines, qui Viennent de chez Renard et de chez Sakoski ;

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Cachez votre beau sein dans un gilet bien juste.

Ce frac va déguiser tous les trésors du buste.

Bien. Maintenant, prenez, comme les plus ardents,

Le twine sur le bras et le cigare aux dents ;

Faites mordre à propos par l'épingle inhumaine

Vos cheveux d'or. C'est tout. Venez, et Dieu nous mène

Le Tartare des Grecs, où le cruel Typhon Les cent gueules en feu paraît encor bouffon ; Tobolsk, la rue aux Ours, qui n'a pas de Phiîistes, L'enfer, où pleureront les matérialistes, La Thrace aux vents glacés, les monts Hymalaïa, L'hôtel des Haricots, Saint-Cloud, Batavia. Mourzouk, où l'on rôtit l'homme comme une dinde, Les mines de Nonvège et les grands puits de l'Inde, Asile du serpent et du caméléon, L'Etna, Botany-Bay, l'Islande et l'Odéon Sont des Edens charmants et des pays du Tendre. A côté de l'endroit où nous allons nous rendre.

Nulle part, fût-ce même au fond de la Cité, L'Impudeur, la Débauche et la Lubricité, La Luxure au front blanc creusé de cicatrices^ Et le Libertinage avec ses mille vices, Ne dansèrent en chœur ballets plus triomphants ! C'est ce que l'on appelle un Théâtre d'enfants.

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Figure-toi, lecteur, une boîte malsaine ;

Des lauriers de papier couronnent l'avant-scène,

Et vous voyez se tordre avec un air moqueur

Des camaïeus bleu tendre à soulever le cœur.

Quatre violons faux grincent avec la flûte,

La clarinette beugle, et dans leur triste lutte

Le cornet à piston survient tout essoufflé,

Comme un cheval boiteux pris dans un champ de blé,

Et qui, les yeux hagards, s'enfuit avec démence.

Mais le rideau se lève et la piècs commence. Des petits malheureux affublés d'oripeaux, Infirmes, rabougris, et suant dans leurs peaux, Récitent une prose à crier : « A la garde ! » Et brament des couplets d'une voix nasillarde. Le scrofule a détruit les ailes de leur nez; Leur joue est molle et tombe en plis désordonnés; Les yeux tout chassieux prennent des tons d'absinthe, Et l'épine dorsale a l'air d'un labyrinthe. Ils sautent au hasard comme de petits faons. Vous, homme simple et bon, rien qu'à voir ces enfants, Estropiés sans doute et battus par leurs maîtres. Vous les plaignez déjà, ces pauvres petits êtres !

Mais un monsieur bien mis, un abonné du lieu, Qui hante la coulisse et fait le Richelieu,

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Vous apprend que ces nains, dont la race fourmille. Ont cinquante ans et sont des pères de famille. Ils grisonnent ; ils sont comme vous, chers lecteurs, Gardes nationaux, poètes, électeurs, Et portent des faux cols ; c'est le vice précoce Qui les a desséchés comme un pois dans sa cosse; Leur femme, déjà vieille, élève un rossignol, Et l'un d'eux est orné de quelque ordre espagnol.

A ces mots, voyant clair dans ce honteux arcane^ Honnête citadin, vous prenez votre canne, Et le sage parti, trois fois sage en effet, De fuir en maudissant le maire et le préfet, A moins que, comme nous, aimant l'allégorie, Vous ne restiez pour voir la fantasmagorie. C'est un spectacle heureux et d'un effet hardi. Il ne vous montre pas la lune en plein midi, Mais il donne le droit d'éteindre les chandelles L'amour est libre alors et vole à tire-d'ailes, Et l'on peut souhaiter un endroit écarté Où de n'être pas chaise on ait la liberté.

Serrez-vous contre moi, chère Evohé. ma muse ! Voici l'heure où bientôt l'habit qui les abuse Va devenir utile, abominablement.

Trois fois heureux encor si ce déguisement,

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A dessein médité pour ce moment critique, peut éloigner de vous ce public éclectique! Donc, à ces cris que pousse en mourant la vertu, Honteuse de mourir sans avoir combattu, Au bruit de ces soupirs qu'un faible écho répète, Sauvons-nous au hasard sans tambour ni trompette ! Allons chez nous, ma mie, ô ma Muse à l'œil bleu ! Et, la main dans la main, lisons au coin du feu, Cependant qu'au dehors le vent siffle et détonne. Les Chants du crépuscule et Les Feuilles d'automne. Car, tandis que là-bas, l'enfance, sous le fouet, A de honteux vieillards sert de honteux jouet, Il est doux de revoir, dans les odes écloses, Les beaux petits enfants sourire avec les roses, Et la mère au beau front pour ce charmant essaim Répandre sans compter les perles de son sein ; Et d'écouter en soi chanter avec les heures L'harmonieux concert des voix intérieures!

Décembre 1S45.

L'Opéra turc.

V^hère Évohéj voici le carnaval qui vient, Et l'on danse à la fin du mois, s'il m'en souvient. Je voulais vous montrer une chose divine, Un domino charmant que Gavarni dessine.

Une surprise, enfin! Pourquoi venir le soir? Nous n'avons même pas le temps de nous asseoir^ Quand j'aurais, pour rester sur ces divans sublimes, Encor plus de raisons que vous n'avez de rimes !

Il faut partir. Prenez votre châle, Evohé. Si je ne vous savais un cœur très dévoué, Et de l'esprit à flots, si vous étiez bégueule, Je vous engagerais à rester toute seule ; Car je crois qu'il s'agit d'aller, à pas de loup. Attaquer un défaut que vous avez beaucoup.

ODES FVX AMBULE5QVES.

Vous voyez trop souvent votre amie au king's-Charles... Mais je ne veux savoir que ce dont tu me parles!

Tortille tes cheveux avec des tresses d'or, O ma Muse, et volons sur l'aile d'un condor Jusqu'au pays féerique où les blanches sultanes Baignent leurs corps polis à l'ombre des platane?, Et s'enivrent le cœur aux chansons du harem Sous les rosiers de Perse et de Jérusalem, Tandis qu'en souriant, les esclaves tartares Arrachent des soupirs à l'âme des guitares.

Il était à Stamboul un théâtre enchanteur, Dont le sultan lui-même était le directeur : La Musique et ses voix, l'altière Poésie, Les danses de l'Espagne et de la molle Asie Enchantaient, par l'accord des rythmes bondissants, Ce palais ébloui de feux resplendissants. Or, le sultan, naguère, en ses jours d'allégresse, Avait dormi longtemps chez les filles de Grèce, Et, versant des parfums sous le ciel embaumé, Ainsi que Magdeleine avait beaucoup aimé.

Mais quand l'âge eut glacé tristement cette lave, Il fut, à son hiver, l'esclave d'une esclave Qui lui chantait le soir de doux airs espagnols, D'une voix douce à faire envie aux rossignols.

ODES FV N A M B V LE SQV Eï,

Elle a ..rigueurs des filles de la Gaule,

Soit qu'elle soupirât la romance du Saule, Ou quelque chant d'amour plaintif ou singulier, Sous l'habit provocant d'un jeune cavalier. Mais sa pourpre, fatale aux amours des captives, Buvait le sang vermeil des blanches et des Juives. Et ses regards, emplis de force et de douceur, Demandaient chaque mois la tête d'un danseur.

Lorsque la Favorite, avec ses airs de reine, Apparaissait, portant la couronne sereine Dont les lys enflammés ruisselaient en marchant. Tout le peuple ébloui du ballet et du chant Tremblait devant son doigt noyé dans la dentelle. Un seul avait trouvé sa grâce devant elle, Ardent comme un lion ou comme le simoun, Un habile chanteur qu'on appelait Medjnoun. Or, ce jeune homme avait la perle des maîtresses. Une blanche houri qui. par ses longues tresses, Jetait aux quatre vents tous les parfums d'Ophir, Paupière aux sourcils noirs, prunelles de saphir. Gazelle pour la grâce indolente des poses, Nourmahal, dont la lèvre énamourait les roses.

Medjnoun se demandait quel ange au firmament Avait fondu pour lai des cœurs de diamant,

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Lorsque, par une nuit claire d'astres sans nombre, Errant par les sentiers du jardin comme une ombre, Près d'un kiosque doré, que les pâles jasmins Et les lys aux yeux d'or entouraient de leurs mains, Et sur lequel aussi dormaient dans la nuit brune Les blancs rosiers baignés des blancs rayons de lune, Par la fenêtre ouverte il entendit deux voix.

L'une disait (c'était la Favorite) : « Oh î vois, Ma Nourmahal ! jamais le cœur des jeunes hommes Ne s'attendrit; mais nous, ma chère âme, nous sommes Douces ; nos longs cheveux sur nos seins endormis Ont l'air en se mêlant de deux fleuves amis ; Les rayons de la nuit argentent nos pensées, Lorsque, dans un hamac mollement balancées, Entrelaçant nos bras, nous chantons deux à deux, Ou que, nous confiant à des flots hasardeux, Et laissant l'eau d'azur baiser nos gorges blondes, Nous en dérobons l'or sous la moire des ondes. »

La Favorite alors, les yeux noyés de pleurs, Voyait à chaque mot éclore mille fleurs Sur le sein de l'enfant rougissante et sans voiles, Et, le regard perdu dans ses yeux pleins d'étoiles Comme les océans du ciel oriental, Etait agenouillée aux pieds de Nourmahal,

Et Nourmahai honteuse, au bout de chaque phrase,

Ramenait sur son cou sa tunique de gaze.

— « Permettez, dit Medjnoun, entrant à la Talma, •

Qu'ici je vous salue, et que j'emmène ma

Maîtresse ; il se fait tard, et notre chambre est prête. »

Medjnoun fut le jour même admis à la retraite.

O frères de don Juan ! dompteurs des flots amers, Qui dérobez la perle au sein meurtri des mers, Vous dont l'ardente lèvre eût bu jusqu'à la lie Les mystères sacrés de Gnide et d'Idalie, Avec vos doigts sanglants fouillez l'œuvre de Dieu, Et vous ne trouverez jamais, sous le ciel bleu, Si chaste lèvre, encor pleine de fleurs mi-closes, Dont la pâle Amitié n'ait effeuillé les roses !

Toi qui, depuis longtemps, avec ton pied vainqueur, As foulé pas à pas les replis de mon cœur, Blonde Evohé ! tu sais si j'aime le théâtre. Polichinelle seul peut me rendre idolâtre, Et, lorsque nous prenons des billets au bureau, C'est pour voir, par hasard, Giselle ou Deburau. Pour la grande musique, elle est notre ennemie ; Les Lauriers sont coupés et J'aime mieux ma mie, Avec la Kradoudja, suffisent à nos vœux, Et le moindre trio fait dresser nos cheveux.

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Eh bien ! ma pauvre fille, il faut parler musique î La basse foudroyante et le ténor phthisique Nous font l'œil en coulisse et demandent nos vers ; Duègne au nez de rubis, ingénue aux bras verts. Ciel rouge, galonné de quinquets pour la frange, Il faut décrire tout, jusqu'aux arbres orange. La clarinette aspire à des canards écrits, Et le bugle naissant nous réclame à grands cris.

Donc, samedi prochain nous dirons à l'Europe Comme tombe le cèdre au niveau de l'hysope, Et comment, et par quels joueurs d'accordéon, L'Opéra, devenu pareil à l'Odéon, A vu, depuis trois ans, aux stalles dédaignées, S'empiler en monceau les toiles d'araignées; Et comment il a fait, pour trouver un ténor, Des voyages plus longs que tous ceux d'Anténor.

Après tous nos malheurs et ton frac mis en loques, Tu dois haïr Thalie et toutes ses breloques ; Mais si tu peux encor me suivre sans frémir, Je te promets ce soir ce bijou de Kashmir Qu'un faible vent d'été ride comme les vagues, Et qui passe au travers des plus petites bagues.

Décembre 184$.

7& ODES FVN AMB VLESÇ^VES.

Académie royale de musique.

\y Parnasse lyrique ! Opéra! palais d'or!

Salut ! L'antique Muse, en prenant son essor,

Fait traîner sur ton front ses robes sidérales

Et défiler en chœur les danses sculpturales.

Peinture ! Poésie ! arts encor éblouis

Des rayons frissonnants du soleil de Louis !

Musique, voix divine et pour les cieux élue,

O groupe harmonieux, Beaux-Arts, je vous salue !

O souvenirs ! c'est là le théâtre enchanté Où Molière et Corneille et Mozart ont chanté. C'est là qu'en soupirant la Mort a pris Alceste; Là, Psyché, tout en pleurs pour son amant céleste, A croisé ses beaux bras sur le rocher fatal ; Là, naïade orgueilleuse aux palais de cristal,

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Versailles, reine encore, a chanté son églogue ; Là, parmi les détours d'un charmant dialogue, Angélique et Renaud, Cybèle avec Atys Ont cueilli la pervenche et le myosotis. Et la Muse a suivi d'un long regard humide Les amours d'Amadis et les amours d'Armide. Là, Gluck avec Quinault, Quinault avec Lulli Ont chanté leurs beaux airs pour un siècle poli : Là, Rossini, vainqueur des lyres constellées, Fit tonner les clairons de ses grandes mêlées, Et fit naître à sa voix ces immortels d'hier, Ces vieux maîtres : Auber, Halévy, Meyerbeer.

C'est là qu'Esméralda, la danseuse bohème, Par la voix de Falcon nous a dit son poème, Et que chantait aussi le cygne abandonné Dont le suprême chant ne nous fut pas donné. Ici Taglioni, la fille des sylphides, A fait trembler son aile au bord des eaux perfides, Puis la Danse fantasque auprès des mêmes flots A fait carillonner ses grappes de grelots. O féerie et musique ! ô nappes embaumées Qu'argentent les wilis et les pâles aimées ! O temple ! clair séjour que Phébus même élut, Parnasse ! palais d'or ! grand Opéra^ salut .'

78 ODES FVNAMBVLESQ^VES.

Le cocher s'est trompé. Nous sommes au Gymnase. Un peuple de bourgeois, nez rouge et tête rase, Étale des habits de Quimper-Corentin.

Un notaire ventru saute comme un pantin, Auprès d'un avoué chauve, une cataracte D'éloquence ; sa femme est verte et lit VEnlr'acte. Elle arbore de l'or et du strass à foison, Et renifle, et sa gorge a l'air d'une maison. Auprès de ce sujet, dont la face verdoie, S'étalent des cous nus, pelés comme un cou d'oie Plumée ; et, pêle-mêle, au long de tous ces bancs Traînent toute l'hermine et tous les vieux turbans Qui, du Rhin à l'Indus, aient vieilli sur la terre. J'apprends que l'un des cous est fille du notaire.

O ciel ! voici, parmi ces gens à favoris, Un vieux monsieur qui porte un habit de Paris. Il a l'air fort honnête et reste bouche close ; Adressons-nous à lui pour savoir quelque chose. C'est une occasion qu'il est bon de saisir.

ODES FVNAMBVLESÇ^VES. "?<)

Moi,

Monsieur, voudriez-vous me faire le plaisir

De me dire quels sont ces cous d'oie et ces hommes

Jaunes, et dans quel lieu de la terre nous sommes?

Je me suis égaré, cette dame est ma sœur.

Où suis-je?

Le monsieur qui a l'air honnête.

A l'Opéra.

Moi.

Vous êtes un farceur!

Le notaire ventru.

Oui, biche, le rideau que tu vois représente Le roi Louis Quatorze en seize cent soixante- Douze. Il portait, ainsi que l'histoire en fait foi, Une perruque avec des rubans. Le grand roi, Entouré des seigneurs qui forment son cortège, Donne à Lulli, devant sa cour, le privilège De l'Opéra, qu'avait auparavant l'abbé Perrin.

80 ODES FVNAMBVLESQ^VES.

Un des cous»

Papa, je crois que mon gant est tombé.

Le notaire ventru.

Ça se nettoie avec de la gomme élastique.

L'avoué.

Oui; madame, j'assigne et voilà ma tactique.

Un avocat.

On l'appelait au Mans maître Pichu minor. Et moi maître Pichu major.

M. Josse.

Le Koh-innor..

Un lampiste à lunettes d'or.

Silence !

Le bâton du régisseur.

Pan ! tan ! pan !

Vavouè.

Je ne suis pas leur dupe !

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Second cou.

Maman, ce gros monsieur veut s'asseoir sur ma jupe.

La dame verte.

Pince-le.

Le notaire ventru.

Je ne sais où sera le nouvel Opéra. C'est, dit-on, à l'ancien que Louvel...

L'orchestre.

Tra, la, la, la, la ; ta, la, la, la, lère.

Moi.

Qu'est-ce Que ce bruit-là, monsieur? qu'a donc la grosse caisse Contre ces violons enrhumés du cerveau ? Et pourquoi préluder à l'opéra nouveau Par J'ai du bon tabac?

Le monsieur qui a l'air honnête.

Monsieur, c'est l'ouverture De Guillaume Tell.

Moi.

Ah!

82 ODES FVN AMBVLESQVES.

V avocat.

Madame, la nature De la pomme de terre est d'aimer les vallons. Elle atteint dans le Puy la grosseur des melons.

Premier cou.

Mon corset me fait mal.

M. Canaple sur la scène.

« Il chante et l'Helvétie Pleure sa liberté ! »

L'avocat.

Que la démocratie S'organise, on verra tous les partis haineux Fondre leurs intérêts.

Chœur général sur la scène.

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