‹ Odes (volume 2)Chapitre 23 sur 50 · ODE XXII · texte numérisé non relu

ODE XXII

Si tost que tu sens arriver La froide saison de l'hyver, 3 En Septembre, chère Arondelle, Tu t'en-voles bien loin de nous, Puis tu reviens quand le temps dous 6 Au mois d'Avril se renouvelle.

Mais Amour en nulle saison Ne s'en-vole de ma maison, 9 Et tousjours chez moy je le trouve : Il est tousjours de moy veinqueur, Et fait son nie dedans mon cœur, 12 Et y pond ses œufs et les couve.

L'un a des ailerons au flanc, L'autre de duvet est tout blanc, 15 Et l'autre dans le nie s'essore:

L'un de la coque à demy sort, Et l'autre en a rompu le bort, 18 Et l'autre est dedans l'œuf encore.

J'entens, soit de jour soit de nuit, De ces petits Amours le bruit, 21 Béans pour avoir la bêchée,

Qui sont nourris par les plus grans, Et grands devenus, tous les ans 24 Font une nouvelle nichée.

80 P. de Ronsard. [193. —XXIII

Quel remède auroy-je, Erinon,

Encontre tant d'Amours, sinon 27 (Puis que d'eux je me désespère)

Pour soudain guarir ma langueur.

D'une dague m'ouvrant le cœur, 30 Tuer les petits et la mère?

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