‹ Odes (volume 4)Chapitre 20 sur 52 · ODE XIX · texte numérisé non relu

ODE XIX

Le petit enfant Amour Cueilloit des fleurs à l'entour D'une ruche, où les avettes

4 Font leurs petites logettes.

Comme il les alloit cueillant, Une avette sommeillant Dans le fond d'une fleurette, 8 Luy piqua la main douillette.

Si tost que piqué se vit, Ah! je suis perdu (ce dit) Et s'en-courant vers sa mère 12 Luy monstra sa playe amerc.

Ma mère voyez ma main, Ce disoit Amour tout plein De pleurs, voyez quelle enflure 16 M'a fait une esgratignure.

Alors Venus se sou-rit, Et en le baisant, le prit, Bibl. rem 200 4

P. de Ronsard. [135. — XX

Puis sa main luy a souflée 20 Pour guarir sa playe enflée.

Qui t'a, dy moy, faux garçon Blessé de telle façon?

Sont-ce mes Grâces riantes 24 De leurs aiguilles poignantes?

Nenny, c'est un serpenteau, Qui vols au Printemps nouveau Avecque deux ailerettes 28 Çà et là sus les fleurettes.

Ah! vrayment je le cognois (Dit Venus) les villageois De la montagne d'Hymette 32 Le surnomment Melissete.

Si donques un animal Si petit fait tant de mal, Quand son halesne espoinçonne 26 La main de quelque personne, Combien fais- tu de douleur Au pris de luy, dans le cœur De celuy en qui tu jettes 40 Tes amoureuses sagettes?

[135] A RENÉ D'URVOI.

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