‹ Odes (volume 4)Chapitre 9 sur 52 · ODE VIII · texte numérisé non relu

ODE VIII

Chanson, voicy le jour Où la beauté qui la terre décore, Et que mon œil peu sagement adore, 4 Vint en ce beau séjour.

Le Ciel d'amour atteint, Ardant de voir tant de beautez l'admire, Et se courbant dessus sa face, mire 8 Tout l'honneur de son teint.

Les célestes flambeaux, Grandeur, Vertu, les Amours, et la Grâce, A qui mieux-mieux embellirent sa face 12 De leurs dons les plus beaux:

Afin que par ses yeux Tout l'imparfait de ma jeunesse folle Fust corrigé, et qu'elle fust l'idole 16 Pour me guider au mieux.

Heureux jour retourné, Mesme là bas j'auray de toy mémoire, Et vif et mort je chanteray la gloire 20 De l'honneur en toy né.

Despan de ce crochet Ma lyre oisive, à fin que je l'encordé: Donne ton livre, Ioland, que j'accorde 24 Ce jour sous mon archet.

32 P. de Ronsard. [124. — IX

Semé par la maison Tout le trésor des prez et de la plaine, Le Hz, la rose, et cela dont est pleine 28 La nouvelle saison:

Puis crie au temple aussi, Que le Soleil ne vit oncques journée, Qui fust de gloire et d'honneur tant ornée 32 Comme il voit ceste-ci.

Page 1