‹ Odes (volume 4)Chapitre 10 sur 52 · ODE IX · texte numérisé non relu

ODE IX

Dedans ce grand monde où nous sommes Enclos généralement, »I1 n'y a tant seulement 4 » Qu'un genre des Dieux, et des hommes:

»Eux et nous n'avons mère qu'une, »Tous par elle nous vivons, »Et pour héritage avons 8 »Du ciel la lumière commune.

»Nostre raison qui tout avise,

»Des Dieux compagnons nous rend:

»Sans plus un seul différent 12 ïNostre genre et le leur divise.

»La vie aux Dieux n'est consumée, » Immortel est leur séjour, »Et l'homme ne vit qu'un jour, 16 » Fuyant comme un songe ou fumée.

Mais celuy qui acquiert la grâce D'un bien-heureux escrivant, De mortel se fait vivant, 20 Et au rang des célestes passe,

-1251 IV. Livre des Odes. 33

Comme toy, que la Muse apprise De ton Macrin a chanté, Et t'a un loz enfanté 24 Qui la fuite des ans mesprise.

Elle a perpétué ta gloire

La logeant là haut aux cieux.

Et a fait égale aux Dieux 28 L'éternité de ta mémoire.

Apprenez donc vous Rois et Princes Les Poètes honorer, Qui seuls peuvent décorer 32 Vous, voz sujets et voz Princes.

Sans plus le grand Prince Alexandre, Qui à l'Asie commandoit, Un Homère demandoit 36 Pour faire ses labeurs entendre.

La France d'Homeres est pleine, Et d'eux liroit-on les faits, S'ils estoient tous satisfaits 40 Autant que mérite leur peine.

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