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ODE XII

Si l'oiseau qu'on voit amener Par son chant le temps qui ennuyé, Peut les hommes acertener 4 Du vray augure de la pluye, Demain le Troyen de sa buye Espandra l'eau, et si le jour Sera long temps sans qu'il s'essuye, 8 Vo;lé d'un ténébreux séjour.

Donq.^pour attendre que le tour De ceste tempeste ennuyeuse Se change par le beau retour 12 D'une autre saison plus joyeuse, Evite la tourbe envieuse, Et seul «n ta chambre à recoy Bibl. rom. 193. 3

34 P. de Ronsard. [36. — XI ^

Escry de main laborieuse 16 Des vers qui soient dignes de toy.

Espris d'une ardeur comme moy

De te vouloir rendre admirable,

Pour n'estre sujet à la loy 20 Du grand Faucheur inexorable,

Pesle-mesle dessus la table

Tibulle, Ovide soient ouvers

Auprès de ton luth délectable, 24 Fidèle compagnon des vers.

Dessus, par maints accords divers

Chasse de toy le soucy grave,

Et le soin que ce Dieu pervers 28 Dans un cœur amoureux engrave.

Apres l'estude, il faut qu'on lave

L'esprit des Muses périssant

D'un vin de reserve, en la cave 32 Par quatre ans au fust languissant.

Pourquoy te vas-tu meurdrissant,

Et pourquoy gennes-tu ta vie

Tandis que tu es fleurissant?

36 Et pourquoi n'est-elle suivie

D'esbat et d'amoureuse envie?

Pauvre chetif, ne sçais-tu pas

Qu'il ne faut qu'une maladie 40 Pour t' emmener mourir là-bas?

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