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ODE XXIII

He! mon Dieu que je te hay Somme, Et non pour-autant qu'on te nomme Le froid simulacre des mors:

4 Mais pour-autant que quand je dors, Par toy du penser m'est ravie L'ardeur qui me tenoit en vie:

En dormant penser je ne puis 8 Au bien par qui vivant je suis, Et sans lequel je ne pourroye Estre vif, si je n'y songeoye. Pource ne me vien plus seiller 12 L'oeil, pour me faire sommeiller:

Le veiller m'est plus agréable Que n'est ton dormir misérable, Qui du cœur la nuict me soustrait 16 Le penser qui vivre me fait.

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