‹ OdesChapitre 28 sur 48 · ODE XXVI · texte numérisé non relu

ODE XXVI

Qu'on me dresse un autel, que non-per on m'ameine Trois porcs, et trois agneaux frisez de noire laine, Qu'on me tire du vin pour verser dans le feu : 1 Je veux faire aujourd'huy publiquement un voeu Devant toute la France, et dévot me contraindre

54 P. de Ronsard: [50.— XXVII

Par un serment promis à jamais ne l'enfraindre : »Car par droict de nature un bon cœur est tenu 8 "De soustenir celuy qui l'aura soustenu. Or ainsi que le poil de ceste noire beste Craquette dans le feu, ainsi ma chère teste Y puisse craqueter, si jamais envers toy

12 Constant en mon contract je te manque de foy.

Te serrant les deux mains, par les Dieux ]e te jure De n'endurer jamais qu'un sot te face injure Sans te vanger ainsi que tu m'as revangé

16 Du sot injurieux qui m'avoit outragé,

Donque mon cher Magny, que nul ne se hazarde D'offenser ton renom : car j'en ay pris la garde, Qui peux monstrer à ceux qui s'en voudroient moquer,

20 De quel aspre aiguillon ma Muse sçait piquer.

Tandis par cent travaux poursuy ton entreprise. »Les Dieux ont la Sueur davant la Vertu mise, »Et faut beaucoup grimper ains qu'atteindre au sommet

24 *Du roc où la Vertu libérale promet

>Apres dix mille ennuis, une gloire éternelle A ceux, qui comme toy seront amoureux d'elle, Et qui desdaigneront d'un courage hautain

28 Ces mastins envieux, qui nous mordent en vain.

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