‹ Odes sacrées, idylles, et poésies diversesChapitre 13 sur 86 · MONSEIGNEUR LE DUC DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR LE DUC DE BORDEAUX

Lue à la Société Royale des Bonnes-Lettres , dans la séance du

a5 mai 1821 (i).

BiNi soit le Seigneur et le Dieu de la France , Qui nous visite enfin , par nos vœux désarmé ! Il éteint son courroux contre nous allumé ;

(x) Voyez le discours prononcé à cette occasion dans la même séance* a la suite des poésies.

Il arrache à la mort , il rend à l'espérance Un peuple qu'il a tant aimé.

Il lève l'étendard de salut et de grâce ,

Dont le signal vainqueur nous sauva tant de fois;

Il enflamme nos cœurs du zèle de ses lois ;

Et du sein de la mort il ranime la race

Du plus grand, du plus saint des Rois.

D'un bienfait qu'embellît la splendeur des miracles Qui fait déjà pâlir nos jaloux ennemis , L'espoir fut jusqu'à nous par nos pères transmis; Et des prophètes saints les consolants oracles A la France l'avoient promis.

La main de nos tyrans a brisé notre chaîne ; De leurs pièges subtils Dieu nous a préservés. La rage des méchants, contre nous soulevés, J S'épuise en vains efforts; et leur aveugle haine, En les trompant, nous a sauvés.

Dieu s'est ressouvenu de la sainte alliance Dont les droits solennels lui consacrent nos cœurs ; Et sa juste colère , apaisant ses rigueurs , Laisse parler pour nous la voix de sa clémence , Et son amour et nos malheurs.

Cet Enfant merveilleux fut prédit à sa mère ; Et de son cœur royal au nôtre avbit passé L'espoir qu'un si grand jour a vu récompensé. Un second Abraham, dans l'ombre du mystère , Lui-même l'avoit annoncé.

D'un Dieu libérateur méditant la loi sainte , Et d'un joug tyrannique affranchis à jamais , Puissions -nous, à l'envi célébrant ses bienfaits, Le reste de nos jouis , sans douleur et sans crainte, L'aimer et le servir en paix !

Assistés de sa grâce, aidés de sa puissance ,

Et du vice fuyant le chemin odieux,

Marchons , humbles vainqueurs du crime audacieux ,

Dans les sentier» étroits d'une simple innocence , Justes et saints devant ses yeux.

Commence l'Heureux cours de tes nobles années , Tendre Enfant : de ta gloire et de notre bonheur Nous chérissons en toi l'auguste précurseur ; Tu croîtras pour remplir tes grandes destinées , Et tu seras l'Oint du Seigneur.

Dans les secrets du ciel ,' dans ses saintes maximes

Les profanes esprits seront initiés.

Enfants d'un même Dieu , prosternés à ses pieds , Nous nous aimerons tous : nos erreurs et nos crimes Par nos pleurs seront expiés.

Dieu , touché des malheurs d'un peuple qui l'adore , De ses premiers bienfaits nous promet le retour. L'Enfant qu'il nous envoie, et qui d'un si beau jour A nos yeux enchantés a fait briller l'aurore , Est le gage de son amour.

Seigneur, fais éclater, au milieu des ténèbres, De ton esprit divin les célestes flambeaux.

Qu'à nos frères assis dans la nuit des tombeaux, Rachetés de la mort, dans ses ombres funèbres, Luise enfin le jour du repos!

XV e ODE SACREE

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