‹ Odes sacrées, idylles, et poésies diversesChapitre 2 sur 86 · DU PSAUME PREMIER · texte numérisé non relu

DU PSAUME PREMIER

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Heureux qui coule en paix une innocente vie, Qui toujours s'éloigna des conseils de l'impie , Bravant de ses complots l'impuissante fureur : Qui, fuyant des pécheurs la route détestée, Jamais ne fut assis dans la chaire empestée D'où s'épand à grands flots le poison de Terreur.

De la loi du Seigneur zélateur intrépide , Il marche à sa lumière; et , la prenant pour guide , Sur ses préceptes saints médite nuit et jour : Et, soumis à ce Dieu que le méchant blasphème, Aux éternels décrets de ce Maître suprême Rend un culte assidu de respect et d'amour.

Gomme un arbre arrosé d'une eau fertile et pure.

Quand son temps est venu , répare avec usure

Les jours trop méconnus de sa stérilité:

On le croit inutile; et, sagement avare,

Dans sa sève à, loisir il mûrit , il prépare

Les fruits dont s'enrichit le champ qui l'a porté.

Un ciel doux et serein rafraîchit son feuillage Qu'épargne l'aquilon, que respecte l'orage :

Telle est du juste heureux l'inaltérable paix. Son cœur de ses vertus goûte la récompense*, Et du Dieu qu'il chént la tendre providence Bénit, prévient, inspire et comble ses souhaits.

Tel n'est pas le méchant : sa splendeur éclipsée

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S'éteint en un clin d'oeil ; et sa gloire insensée Dans le monde étonné laisse à peine un vain bruit. La foudre frappe enfin cette orgueilleuse tête. Tel un sable léger , jouet de la tempête, Dans le vague des airs passe et s'évanouit.

Quand Dieu, las de souffrir les pécheurs et les crimes,

Fera signe à la mort de saisir ses victimes ,

Nous verrons sous leurs pas l'abîme s'entr' ouvrir.

Les foibles des puissants exciteront l'envie ,

Et tous commenceront une nouvelle vie :

Les justes pour régner , les méchants pour souffrir.

Dieu protège et bénit l'innocence modeste.

De l'auguste vertu l'influence céleste

Rend l'homme plus heureux en le rendant meilleur.

Mais l'impie , en lassant la divine clémence,

De ses maux éternels creuse le gouffre immense ;

Et la route du crime est celle du malheur.

II e ODE SACRÉE.

TRADUCTION PARAPHRASEE

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