‹ Odes sacrées, idylles, et poésies diversesChapitre 3 sur 86 · DU PSAUME II · texte numérisé non relu

DU PSAUME II

Quare /remuer unt gentes, etc. (i).

rfOBM

Pourquoi, dans leur folle ivresse,

Les peuples ont-ils frémi?

Sur leur frivole sagesse

Leur espoir s'est affermi.

Mais Dieu, bravant leur menace, f

(i) Cette paraphrase a été lue à la Société Royale des Bonnes - Lettres , dans la séance du 16 mars i8ai. (Voyez le Discours qui se trouve à la fin des Notes. )

D'une sacrilège audace Dissipe les vains complots.

Errant sans règle et sans guide , Ils n'ont rêvé que le vide , Et les horreurs du chaos.

Les fiers oppresseurs du monde Conspirent contre le ciel :

Leur rage, en crimes féconde , Ose attaquer l'Éternel. L'impie outrage et blasphème L'autel et le diadème , Dans ses cris séditieux.

Cest à Dieu qu'il fait la guerre ; Et , dans les rois de la terre , Il poursuit le Roi des cieux.

H a dit : «Brisons les chaînes De l'honneur et du devoir.

Méprisons les lois humaines Et le céleste pouvoir.

Leur force est imaginaire ,

Fuyons d'un joug trop sévère La pesante autorité.

Pour détruire sa puissance, .

Opposons -lui la licence, Sous le nom de liberté ».

Mais le Roi des cieux foudroie Leur présomptueuse erreur ; Son courroux les laisse en proie À leur aveugle fureur.

Elle s'arrête aux limites Que sa sagesse a prescrites A leurs monstrueux excès.

Oieu se rit de leur malice, Les livrant , pour leur supplice , A leurs coupables succès.

Il fera ployer leurs têtes Sous ses formidables coups.

« Téméraires que vous êtes , «Dira-t-il , malheur à vous !

«A vous dont la haine injuste

«Poursuit le ministre auguste «De mes saintes volontés.

«Cest de moi qu'il tient l'empire; «Cest ma grâce .qui l'inspire.

«Il parle... Peuple ! Écoutez :

« Au ciel mon droit prend naissano* Cest Dieu seul qui m'a fait Roi.

S'il m'a donné sa puissance, C'est pour maintenir sa loi.

De ses rayons entourée , Ma gloire brille parée De son éclat immortel.

Lui-même a, dès l'origine , Placé de sa main divine Mon trône sur son autel.

«Auteur de la monarchie, Monarque de l'univers , Il repousse l'anarchie Dans le gouffre des enfers.

En m'iraposant la couronne ,

io ODES

Il attache à ma personne

Le salut de mon pays.

Il m'a dit : «Je suis ton père;

« Que ton peuple en toi révère

«Le Fils de l'homme et mon Fils (i).

«Triomphe; enrichis l'histoire •

« De tes exploits immortels.

« Je t'asservis . la victoire ;

« Dresse partout mes autels.

« L'univers est ton partage :

« D'un si brillant héritage

« Sois le seigneur et le roi.

«Va, plus prompt que le tonnerre,

« Jusqu'aux bornes de la terre

«Porter ta gloire et ma foi.

« Sur l'impie et le rebelle «Étends un sceptre de fer (2).

«Tu dompteras l'infidèle

(1) Super filium hoaunâ quem confirmant tibi. [Ps. lxxix , v. 18.J

(2) C'est le sens de l'hébreu.

SACRÉES. ii

«Et les portes de l'enfer.

« Ma promesse est accomplie :

«Tout s'épouvante, tout plie

« Sous la force de ton bras :

« Ainsi d'un vase fragUe

« La vaine et briljaajte argile

« Se brise, et tombe en éclats (i)».

Vous donc, arbitres du monde, Apprenez Fart de régner, Science haute et profonde (a) Que Dieu seul peut enseigner.

Dieu bénit le diadème :

Dans sa justice suprême Est la source de vos droits ; Vous ne régnez que par elle, Rois mortels , votre querelle Est celle du Roi de» rois.

Vous, en servant votre maître,

(i) Telle est la propre signification du verbe hébreu.

(?) Sublimita».... etpnftmdum sctentia...., et*. [Bphes. HT; t. 18.]

Sujets , servez le Seigneur :

Et pour vous il fera naître Les jours riants du bonheur.

Qu'une pieuse sagesse Tempère votre allégresse .

Par de saints frémissements.

Tremblant devant sa puissance , Mortels, aimez sa clémence, Et craignez ses jugements.

D'un joug noble et légitime Portez le fardeau léger.

Songez qu'on ouvre un abîme Quand on croit s'en dégager.

O forfait, que rien n'expie, Est la mort du peuple impie Contre son Roi révolté :

Fol orgueil ! gloire frivole !

Le bonheur fuit et s'envole Avec la fidélité.

Du Dieu que le crime offense ,

SACRÉES. i3

Méchants, craignez le courroux.

A sa tendre providence, Justes , abandonnez -vous.

Heureux qui cherche à lui plaire, Qui de sa loi salutaire Garde les sentiers étroits !

Son nom, l'effroi du rebelle, Est l'espérance immortelle Et des peuples et des rois.

ii ODES

IIP ODE SACREE

TRADUCTIOH PARAPHRASES

Page 1