ODE OU ÉPODE
En réfutation de l'ode ou de l'épode d'HoRACE contre l'An. : Parentis olim, etc. Épode III.
(Même mètre quHoaACE (i), savoir: un vers de douze syllabes suivi d'un vers de huit. Horace a écrit son épode en vers ïambiques trimètres et dimètres entremêlés, qui ont précisément le même nombre de syllabes que nos vers de six et de quatre pieds. )
Pourquoi, précieux don dft Flore et de Pomone, Timide enfant de nos guérets,
(x) Non en pesant, mais en comptant les syllabes suivant la prosodie moderne.
Gardes-tu pour les bords qu'embellit la Garonne Et tes parfums et tes bienfaits ?
Il est vrai qu'étranger aux rives de la Seine ,
L'ail est en horreur à Paris.
L'ail, dit-on, des zéphyrs empoisonne l'haleine.
L'ail fait fuir les jeux et les ris.
N'avez-vous donc jamais de nos. douces retraites
Visité les humbles hameaux ?
N'avez-vous jamais vu l'ail animer nos fêtes,
Et nos plaisirs , et nos travaux ?
Sa piquante saveur dans l'ame des convives
Répand une aimable 1 gaité.
Il fait fleurir le teint des nymphes de nos rives ;
Il plaît au dieu de la santé.
Le monde cependant reconnaît son mérite;
Mais nul n'y parle en sa faveur.
Ah ! souvent la vertu méprisée et proscrite
N'a pu trouver un défenseur.
DIVERSES. a55
Va , Paris aveugle d'une injuste manie ,
Te rend un hommage muet.
Si , par respect humain , chacun te calomnie ,
On t'estime, on t'aime en secret.
Tu sus plus d'une Ibis d'une muse gasconne
Animer les tendres concerts.
Apollon te protège , et l'élégant Ausone
T'a dû peut-être ses beaux vers.
Horace t'outragea; mais Virgile te loue :
Il t'égale au doux serpolet (i). '
Et ta champêtre odeur du berger de Mantoue Sut inspirer le flageolet.
De la France et des Lis présageant la victoire ,
L'ail a partagé nos hasards :
On l'a vu s'enlacer aux festons de la gloire
Pour couronner le douze-mars.
(i) Virg., Ecl. II, 1/. IO, II.
*ik*d
L'ail est l'ami des pieux et l'effroi des rebelles : L'ail croit à l'ombre des Fanriers.
La rose et le jasmin sont les parfums des belles; L'ail est le parfum des guerriers.
Ce parfum généreux charme la noble terre Où brille » où commande Bordeaux.
Délices des Gascons 9 cher au dieu de la guerre, Son suc est le lait des héros.
C'est l'ail qui pénétra d'un courage sublime
Le jeune cœur du grand Henri.
H partage sa gloire ; et ce Roi magnanime
Dut à l'ail la palme d'Ivry.
On vit l'ail présider à Y heureuse naissance
De son auguste Petit-Fils.
L'ail aime les Bourbons ; l'ail est cher à la France
L'ail est le compagnon des Lis (i).
(i) La poésie est ici d'accord avec la botanique. On sait que l'ail est dans la même classe que les Iiliacées.
DIVERSES. a57
DUPLEIX ou LES CHEVALIERS VENDÉENS.