‹ Odes sacrées, idylles, et poésies diversesChapitre 75 sur 86 · AUTRE DISCOURS · texte numérisé non relu

AUTRE DISCOURS

Prononcé par l'Auteur A LA SOCIÉTÉ ROYALE DES BONNES -LETTRES,

Dans la séance du a5 mai 1821 , avant d'y lire son Ode sacrée tirée du cantique de Zacliarie ( voy. la xrv" Ode sacrée, pag.65.)

Ce n'est pas en vain qu'un défenseur des bonnes doctrines se voit honoré des suffrages de la société des Bonnes-Lettres. De tels applaudissemens aiguillonnent son ambition; il cherche à les mériter de nouveau. Quoique je sache mieux que personne que mes titres à de si flatteurs éloges sont tous dans l'heureuse prévention qui s'attache à la pénible , mais honorable carrière que je suis appelé à fournir ; quoique je n'ignore pas combien , après avoir fait la part de l'indulgence, il restera peu à donner à mes foibles productions : cependant je ne puis m'empêcher d'aspirer en-

core à l'honneur dont j'ai déjà joui; et, sûr du moins de m'associer à vos sentimens, j'ose de nouveau sol- f liciter votre attention, et courir les paisibles hasards de votre tribune. C'est au milieu des travaux d'une autre tribune, plus périlleuse et plus austère, que sont nés les vers que vous allez entendre : car , Messieurs , c'est encore un tribut poétique que je viens vous offrir. Témoin des fêtes brillantes qui ont enchanté naguère un peuple ivre de bonheur et d'espérances, inspiré par la joie générale, j'ai voulu chanter le royal Enfant qui nous a été donné, dans le moment même où je combattois de tous mes efforts pour le trône de ses ancêtres ; et je me suis essayé à célébrer la naissance du saint précurseur du Sauveur du monde , en méditant sur les moyens de faire triompher , dans une solennelle discussion , la cause de cette religion divine, dont il est venu annoncer à la terre la bonne nouvelle (i).

(z) L'auteur, quelques jours auparavant , «voit prononcé à la tribune de la chambre des députés son opinion sur le projet de loi relatif aux pendions ecclésiastiques.

( Séance du 14 mai i#ax. )

Cest donc le célèbre cantique du saint prêtre Zacharie, père de saint Jean - Baptiste , que j'ai paraphrasé en forme d'ode sacrée, en l'appliquant au baptême de S. A. R. Ms* le duc de Bordeaux. J'ai vu la France dans le peuple d'Israël, ce peuple si souvent puni, et toujours miraculeusement sauvé, et la race auguste de saint Louis dans la postérité du saint roi David. Tout en paraphrasant , j'ai été exact jusqu'au scrupule ; et je crois qu'il n'est pas un mot du texte sacré qui ne se retrouve dans mes vers. A chaque verset du cantique répond une strophe de l'ode sacrée. La grandeur du sujet ^ les idées de calme, de gloire et de bonheur , que font naître les événemens que je chante, m'ont paru exiger la majesté du vers alexandrin. Je ne me suis permis qu'un vers de huit syllabes à la fin de chaque strophe; et j'ai emprunté à notre grand lyrique le rhythme dont il s'est servi dans une de ses plus belles odes sacrées , dans son admirable paraphrase du Psaume lxxii. Enfin , je rie crois pas être téméraire en appliquant les expressions sublimes et prophétiques par lesquelles le Saint-Esprit annonce le règne pacifique et glorieux du , Fils de

34o DISCOURS.

F homme à l'auguste Enfant dont la naissance couronne tant de vœux , fait naître tant d'espérances ; véritable Messie politique , si j'ose ainsi parler , qui vient nous apporter la paix, et renouveler les destinées de la France.

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