KP
QC)FASMISER Ts CR,
Collection M.-A, Leblond,.
CAIN TUANT (Peinture)
+ » a ren
défectueux d’ «illustration», vous ne le trouverez pas en mes catalogues. C'est un mot à trouver : je ne vois que ceux de transmission, d'interprétation, et encore, ils ne sont pas exacts pour dire tout à fait le résultat d’une de mes lectures, passant par mes noirs organisés (1) ». — De là résulte que «s1.. l’on établit comparaison avec l’ancienne illustration, tenue en des limites beaucoup plus strictes, on admettra que Redon a, dans ce genre, apposé, comme dans tout ce qui émane de son initiative créatrice, un sceau lui appartenant véritablement. Les grands noms, les hautes œuvres : littéraires, symphoniques, Brünnhilde (Lithographie). picturales même, invoquées ou évoquées, sont moins les causes efficientes de la production de l'artiste, que d’occasionnelles incitations pour lui à exprimer les conceptions personnelles de son esprit. Que les appellations liminaires ne fassent donc point illusion (2) ».
Nous écrivions à ce sujet : « Certes Flaubert fut un écrivain d'expressivité tendant à susciter des impressions plastiques. Dans son œuvre existe éminemment une vision du monde extérieur qu'il trans-
ve
(1) Lettre d'Od. R. à
A. M., 21 juillet 1898.
(2) A. M, Et. s. se &
forme et magnifie. Sa plume sait douer les objets d'une vie colorée, leur créer une atmosphère d'ambiance vibrante, en son style sonore, imagé, parfois grandiloquent. Mais de telles caractéristiques s'appliquent surtout à ce livre si spécial : La Tentation de Saint-Antoine. Amalgame confus et trouble, d'une étrange attraction prenante, où se rencontre l'ossature d’une érudition qui veut être savante et précise, en même temps que s'ajoute une surabondance inépuisable et toute orientale d'évocation. L'immense désert étend ses insondables profondeurs sous un ciel sans fin que convulse l’agonie du couchant. Décor grandiose où l'anachorète mystique, travaillé par le jeûne et la tentation, dans ses heures de fièvre hallucinatrice, subit douloureusement, curieusement aussi, des visions chimériques et monstrueuses. En ce pandémonium surgissent les formes incroyablement variées des divinités du Paganisme qui finit, prolongeant son écho, et luttant encore dans les multiples hérésies détachées du Christianisme naissant. Celles-ci pullulent, équivoques bourgeons tendant à accaparer la substance même du dogme, pour nourrir et épanouir de sa moelle vivante leurs pustuleuses difformités. D'innombrables spectacles se succèdent, des fantômes vagues apparaissent, se condensent un moment, puis s’évanouissent à l'horizon, en un baroque et ininterrompu défilé, passionnant, obsédant parfois jusqu’à devenir horrifiant.
(On pouvait présumer qu'un tel terrain dût être propice à Redon (1). Et de fait, la Tentation de Saint-Antoine est une mine qu'il se plaît à creuser, où 1l revient sans cesse, comme si loin de l’épuiser, il la retrouvait à chaque fois plus richement féconde. Cependant, les impressions qu'il en éprouve restent intimement siennes. Il les exprime par ses moyens personnels et dans le domaine des procédés purement plastiques. Les descriptions précises, aux lapidaires vocables de l'écrivain, n’ont point asservi l'artiste. Ce poids, qui eut écrasé tout autre, lui semble léger. Il demeure original avec la plus entière liberté.
(Que si nous envisageons les œuvres d’autres littérateurs où s’est complu Redon, nous le verrons toujours rester lui-même, identique en
(1) Nous connaissons dans quelle occasion l'artiste se trouva induit à s'occuper de la curieuse œuvre littéraire : « Quant à Flaubert, ce fut mon très regretté ami, Emile Hennequin, qui m'apporta la Tentation de Saint-Antoine, lorsqu'il eut vu les Origines. Il me dit que je trouverais, dans ce livre, des monstres nouveaux. J'ai été vite séduit par la paftie descriptive de cet ouvrage, par le relief et la couleur de toutes ces résurrections d'un passé »: Lettre d'Od. R. à À. M., 21 juillet 1898.
À cmt matt > oh é ésms ttt... S S S S D
ses facultés. S'agit-il de Baudelaire dont les raffinements parfois visent
à la subtilité, qui ajoure la broderie du style avec un sentiment de
romane a 6 nr | 4 À F:
À Ce innueananRn sepe eirrene rer PE Le à
on sb
Coll. A. Mellerio.
« Le cœur a ses raisons... » (PASCAL). (Dessin à la mine de plomb.)
l’artificiel poussé jusqu’à l'aigu? Le dessinateur n’en maintient pas moins hautement la simplicité de lignes et de lumière, les fortes oppositions essentielles de ses effets coutumiers. Tout autant gardera-t-il sa large pitié douloureuse, quand il voisinera ‘l'Américain Edgar Poe, mathématiquement déductif, inexorable en sa démonstration de l’horrible.
Remémorons, pour constatation semblable, l’Apocalypse, prophétie obscurément mystérieuse et surhumaine, qui inspira l'un de ses Albums. Puis le Juré, œuvre dramatiquement conduite de l'avocat et écrivain belge Picard (1). Aussi, les figures évoquées du grand cycle musical
de Wagner : Brünnhilde, Parsifal.. (2) »
Petit Palais.
Dessin à la mine de plomb.
Mais un projet encore plus audacieux hanta l'esprit de l'artiste : ( Quel autre que Redon eut pu seulement concevoir l’idée d’une illustration de Pascal ? (3) » Ajoutons d’ailleurs qu'il y renonça plus tard :« Je
(1) Il y a lieu d'ajouter : La Maison hantée, Texte de BuLwWER-LYTToN (Traduction de René
Philippon). — Encore les planches d'essai pour : Le Coup de Dés, du poète STÉPHANE MALLARMÉ. (2) A. M. Et. s. R. p. 7 et suiv.
(3) A. M, Gaz. des B.-A. p. 143.